Les technopoles, défi économique pour les pays émergents

Par 25 juin 2013
Les technopoles, défi économique pour les pays émergents

Les centres d'innovation pourraient favoriser la croissance des pays en voie de développement. Un modèle qui reste à mettre en place.

En agissant sur la formation et la recherche, les technopoles, dont les origines remontent aux années 1970 et longtemps cantonnées aux pays développés, pourraient agir favorablement sur l'économie des pays émergents, et contribuer à leur développement. En prenant l'exemple de certains pays africains, Des Technopoles et des hommes, écrit par plusieurs consultants du cabinet Bearing Point, cherche à montrer comment celles-ci pourraient aider les pays émergents en se transformant progressivement en des villes intelligentes, mais l'étude montre aussi les étapes à franchir aux centres d'innovation africains. L'exemple de Smart Village, une technopole égyptienne créée en 2003 et qui compte aujourd'hui 35 000 employés, montre que cette infrastructure a su faire progresser le secteur des TIC de 14,6% en 2009 et a pu maintenir à flot la croissance égyptienne de +4,7%.

Contraintes techniques et financières

L'étude insiste sur le fait que plusieurs moyens sont à disposition des pays émergents pour contribuer au développement des technopoles. L'obtention de technologies intelligentes gérant au mieux la distribution d'énergie, d'eau ou encore d'électricité devrait permettre, par exemple, à l'Afrique d'acquérir une infrastructure suffisante et de se désenclaver du reste du monde. Les contraintes techniques demeurent cependant mineures vis-à-vis des obstacles financiers et culturels. Obstacles financiers car la construction des technopoles doit s'assurer la participation de différents acteurs tant privés que gouvernementaux autour de leurs projets. En Tunisie, par exemple, la construction du technopole El Ghazala Technopark s'est fondé sur l'implication d'une société privée aidée par l’État pour gérer et développer la technopole. Ces divers organismes peuvent aussi aider à la formation d'incubateurs, de pépinières ou encore la construction de centres d'affaires.

Des technopoles tournées vers l'intérieur et l'extérieur

Une deuxième composante majeure dans la planification d'édification d'une technopole est la place qu'elle occupera au niveau national et international. L'étude rappelle qu'il est nécessaire qu'elle s'inscrive dans un plan d'innovation à l'échelle du pays et, on trouvera ici l'exemple de la Mauritanie. Le pays a exprimé le souhait de développer un centre d'innovation à Nouakchott avec pour objectif de croissance +6% par an pour les cinq prochaines années, et celui-ci s'inscrit dans une politique dénommée « Stratégie nationale de modernisation de l'administration et des technologies de l'information et des communications ». Enfin, une vision internationale serait indispensable, selon les chercheurs de Bearing Point, puisqu'il s'agit d'attirer des partenaires à l'échelle mondiale et de favoriser l'implantation des multinationales sur ces sites nationaux.

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