Télécoms: développement durable et respect de l'environnement à l'honneur

Par 18 mai 2007
Mots-clés : Digital Working, Europe

Bouleversement climatique oblige, les questions écologiques débarquent sur le devant de la scène. Et concernent désormais non seulement les citoyens, qui commencent à adopter des habitudes plus propres, mais aussi les entreprises...

Bouleversement climatique oblige, les questions écologiques débarquent sur le devant de la scène. Et concernent désormais non seulement les citoyens, qui commencent à adopter des habitudes plus propres, mais aussi les entreprises, pour qui la mise en place de politiques respectueuses de l'environnement devient un enjeu majeur, économique et éthique. Si les grands noms de l'informatique ont déjà amorcé leur révolution "verte", qu'en est-il du secteur des télécommunications, souvent critiqué pour des conduites peu écologiques et préjudiciables en matière de santé?
 
La téléphonie, un marché écologiquement discutable
 
A l'instar des autres acteurs de l'industrie, les équipementiers mobiles utilisent une quantité importante d'énergie électrique pour fonctionner, et contribuent, par leurs rejets, à la pollution de l'air. Et la croissance permanente des besoins et des innovations n'est pas pour ralentir ce rythme.
 
Quant aux combinés, ils sont de véritables bombes environnementales. Selon l'AFOM (Association française des opérateurs mobiles), ils contiennent, en plus de matières récupérables comme le plastique, l'or (en petite quantité!) ou le cuivre, des substances toxiques comme le cadnium et le lithium.
 
Les antennes relais, pour leur part, souvent inesthétiques, peuvent également causer des dégradations de l'environnement en raison des ondes électromagnétiques qui y circulent. Et en ce qui concerne la santé, les effets sur le long terme des ondes émises par les antennes des téléphones sont encore mal évalués. Selon l'Afsset, qui a publié en 2003 et en 2005 des rapports sur la question, "les travaux épidémiologiques et, surtout, les travaux expérimentaux récents sur les effets de l'exposition aux ondes émises par les antennes des téléphones mobiles (terminaux) ne permettent pas de conclure à leur caractère nocif, en l'état actuel des connaissances. Toutefois, la vigilance doit être maintenue et ce sujet nécessite la poursuite de travaux scientifiques" (extrait du rapport 2005).
 
Rappelons cependant qu'en septembre 2006, une enquête ministérielle a remis en cause l'indépendance de certains des experts ayant participé aux rapports de l'Afsset publiés en 2003 et en 2005. La question est encore loin d'être totalement éclairée...
 
Opérateurs et constructeurs : de belles avancées en perspective
 
Véritable prise de conscience ou besoin de redorer leur image, les opérateurs et les constructeurs commencent à réagir.
 
Orange, qui a décroché en mai 2005 la norme de certification internationale ISO14001, a mis en place, en partenariat avec l'AFOM, une "Charte des bonnes pratiques", destinée à intégrer plus harmonieusement les antennes relais dans le paysage. La firme facilite également le recyclage et le retraitement des téléphones portables usagés. Il en est de même pour Bouygues, qui développe une approche du développement durable basée sur la construction de nouveaux bâtiments écologiquement conformes, le recyclage et la réduction des nuisances et des pollutions.
 
SFR, également certifié, a créé en 2004 un Comité de pilotage développement durable et, en 2005, une Direction du développement durable. L'opérateur travaille à réduire l'impact environnemental de ses activités en favorisant l'intégration paysagère, le recyclage des mobiles et en accompagnant ses diverses entités dans la mise en œuvre des principes et pratiques conformes au développement durable. En décembre 2006, SFR a ouvert sa première station base solaire à Fitou, dans l'Aude. Celle-ci, composée de 160m2 de panneaux solaires et de batteries de secours, fonctionne entièrement grâce à l'énergie solaire.
 
Côté constructeurs, Nokia, élu par l'organisation Greenpeace dans son Guide pour une high-tech responsable en août 2006 "entreprise la plus respectueuse de l'environnement" avec Dell, propose désormais des portables dépourvus de PVC (chlorure de polyvinyle), une substance toxique pour la santé et l'environnement. Dans un but d'économie d'énergie, l'équipementier développe actuellement des chargeurs peu énergivores et vient d'intégrer sur ses derniers combinés (le 1 200, le 1 208 et le 1 250) un système de messages d'alerte rappelant aux utilisateurs de débrancher leur adaptateur après usage. Intérêt de cette initiative : économiser une quantité d'électricité que le fabricant compare à la consommation annuelle en électricité de 85 000 foyers. Et pour ceux qui oublieraient encore d'enlever l'adaptateur de la prise, Nokia espère diminuer d'ici 2010 de 50% la consommation d'énergie de ces adaptateurs lorsqu'ils restent branchés au secteur sans être utilisés.
 
Petit bémol, cependant, aux initiatives vertes du constructeur finlandais détrôné par Lenovo dans la version d'avril 2007 du rapport Greenpeace: il n'a encore donné aucune indication sur l'élimination du PVC de la totalité de sa gamme et sur le nombre de portables recyclés.
 
La "green attitude" séduit également chez Sony Ericsson. Le constructeur s'est engagé à éliminer pour le 1er janvier 2008 de nombreuses substances toxiques de ses combinés telles que les phtalates et le beryllium. Et depuis 2006, tous les modèles commercialisés ne comportent aucune des pires substances toxiques. Voilà qui n'est pas forcément pour rassurer...
 
Préserver l'environnement en amont
 
Chez les opérateurs français, on favorise également une autre manière d'envisager le développement durable: la mise en place d'habitudes "écolos" en amont. Ces initiatives vont du recyclage du papier (35 tonnes de papier économisées par mois chez Orange fin 2005) à la réduction des trajets automobiles (mise en place de systèmes de co-voiturage, prise en charge des titres de transport...).
 
Enfin, SFR a créé en 2006 un nouveau statut, celui de collaborateur citoyen, en accord avec les partenaires sociaux. Celui-ci permet à des employés de la firme de s'impliquer dans des associations et de bénéficier de 6 à 11 jours de congés par an pour se consacrer à leur activité bénévole. Selon l'opérateur, 19 collaborateurs ont déjà profité de ce statut.
 
Les initiatives sont nombreuses de la part des acteurs des télécommunications, en France comme dans le reste du monde. Si les résultats ne sont pas toujours significatifs, ces projets font néanmoins preuve d'un engagement progressif des professionnels vers une politique plus respectueuse de l'environnement. Reste à espérer que ces initiatives ne soient pas seulement des effets d'annonce ou de simples ébauches...
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 18/05/2007)

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