La télémédecine, c'est aussi pour les enfants

Par 07 mai 2008
Mots-clés : Smart city

Les soins pédiatriques sont compatibles avec la santé à distance. Reste à populariser ce système qui devrait permettre de désengorger les urgences.

Il serait possible de remplacer nombre des visites au service pédiatrique des urgences par un diagnostique sur Internet, via un dispositif de télémédecine. C'est le constat d'une étude menée par le centre médical de la University of Rochester. "Nous avons appris que plus d'un patient sur quatre va au département des urgences pédiatriques pour des cas qui ne le sont pas", déclare Kenneth McConnochie, investigateur de l'étude. "Cette discordance entre les besoins et les ressources est inefficace et coûteux pour les patients". L'étude a porté sur des données de 2006, suivant tous les cas des patients de moins de 19 ans qui ont visité le plus grand département d'urgences pédiatriques de la région. Ce qui représente plus de 22 000 cas. Ces patients ont été répartis en trois groupes : le premier contient les malades qui peuvent dans tous les cas être traités par la télémédecine, comme pour des angines ou infections.
Réduire les visites inutiles
Le second réunit les patients qui pourraient être soignés à distance, selon les cas : comme pour les crises d'asthme par exemple. Enfin le troisième regroupe les patients qui nécessitent réellement une prise en charge par un établissement de santé. Or il ressort qu'un tiers des patients appartient à la première catégorie : ce qui signifie que les urgences auraient pu éviter près de 12 000 visites durant cette année. "La télémédecine décongestionnerait les urgences en leur permettant d'offrir leurs ressources à ceux qui en ont le plus besoin", explique Kenneth McConnochie. "Mais elle permettrait aussi aux parents de payer moins, de gagner du temps et d'avoir un traitement plus personnalisé pour leurs enfants". Car près de neuf de ces visites à distance sur dix sont effectuées par le pédiatre de la famille.
Des économies pour les assureurs
Et les parents ne sont pas les seuls à y trouver un avantage : les assureurs aussi. Ces derniers craignaient que l'accessibilité et l'économie qu'offrent la télémédecine ne poussent finalement les parents à solliciter leur médecin plus souvent. Mais une autre étude menée par les mêmes chercheurs démontre qu'au contraire, la médecine à distance leur ferait économiser 14 $ par enfant par an. Car si les parents font effectivement plus souvent appel à leur pédiatre, cela fait baisser leur fréquentation des urgences et au final, leurs frais de santé sont moins élevés. A noter, les auteurs de la recherche dirigent le Health-e-care, un programme de télémédecine qui diagnostique et traite les maladies routinières chez les enfants.

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