Le télémonitoring éloigne le patient de l'hôpital

Par 05 mai 2008

Contrôler à domicile son rythme cardiaque ou sa pression sanguine permet aux malades chroniques de mieux veiller sur leur état de santé. Et de diminuer le nombre des visites à l'hôpital.

Multiplier les solutions de télésanté permet de diminuer les hospitalisations. Le refrain n'est pas nouveau. Mais il est cette fois repris par une institution américaine de taille, l'American Heart Association, qui s'occupe des malades souffrant de problèmes cardiaques. L'association relaie une étude menée par le Center for Connected Health, qui a expérimenté les éventuels bienfaits de solutions de supervision à distance (télémonitoring) auprès de patients admis au Massachusetts General Hospital de Boston. Sur les quatre vingt personnes qui ont participé à l'expérience, baptisée Connected Cardiac Care, la moitié a accepté d'être suivie à domicile après son passage à l'hôpital. Résultat : les volontaires auraient peu rechuté et auraient été admis à l'hôpital un nombre moins élevé de fois que les malades ayant préféré ne pas adopter le système. En chiffres, près d'un tiers des volontaires ont dû être admis de nouveau - en urgence ou à titre préventif - à l'hôpital, contre 45 % de ceux non suivis.
Un lien avec l'hôpital
"Le but de notre programme est de nous donner la possibilité d'intervenir intelligemment et en fonction des besoins du patient, et d'aider les volontaires à maîtriser leur pathologie en utilisant notre système de télémonitoring", explique Ambar Kulshreshtha, co-auteur de l'étude. L'équipement mis à disposition des malades permet d'enregistrer les battements cardiaques, la pression sanguine et le pouls de chacun d'entre eux. Les données s'affichent sur l'écran de leur ordinateur. Les patients doivent également se peser quotidiennement et répondre depuis leur PC à des questions les interrogeant sur d'éventuels symptômes. Autant d'informations transmises ensuite à des professionnels de la santé, chargés d'appeler les malades au moins une fois par semaine et plus si des signes anormaux sont détectés. Et de prévenir ensuite les urgences en cas d'alerte. Le système permet également aux personnes souffrantes d'apprendre à mieux prendre soin de leur santé.
Mieux gérer son état de santé
"Les patients peuvent observer par eux-mêmes leurs signes vitaux, et prendre plus vite conscience de l'oubli d'un médicament ou de la nécessité de mieux manger ou de faire de l'exercice", souligne ainsi Ambar Kulshreshtha. Et il semble que le dispositif plaise : 95 % des volontaires estiment que le programme a amélioré le contrôle de leur état de santé et leur permet de se rendre moins souvent à l'hôpital. Selon les responsables mêmes du projet, les résultats doivent cependant être nuancés. L'expérience, menée sur une période de trois mois, permet de déceler des tendances mais doit être poursuivie afin de parvenir à des résultats fiables. Les personnes souffrant de troubles cardiaques pouvant ne pas être affectées pendant plusieurs mois. De prochains tests devraient être réalisés cet été, sur un panel de trois cent cinquante patients. Une méthode devrait également être mise au point, afin de développer des systèmes adaptés aux différents stades des pathologies cardiaques.
 

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas