Des téléphones virtuels personnalisent les services mobiles

Par 13 novembre 2009
Mots-clés : Digital Working, Afrique

Equatel propose aux Africains ruraux une carte SIM pour cabines téléphoniques GSM. Avec ce sésame, ils sont à même d'accéder à des services voix et données (SMS, m-paiement...)

En Zambie, moins d'1 % de la population a accès à une ligne téléphonique, rappelle Equatel. La société britannique, rencontrée au salon panafricain des télécommunications AfricaCom, présentait sa solution de SIM Payphone. Ce système de "téléphone virtuel" permet aux populations des zones rurales et à faibles revenus de disposer d'un numéro de téléphone personnel et des services. Le tout, sans posséder de  nomades usuels : les appels se passent depuis des cabines téléphoniques développées par Equatel reliées aux réseaux GSM et installées dans les villages. "Un téléphone, même basique, coûte une vingtaine de dollars. Ce qui est inaccessible pour une personne qui en gagne un par jour", explique à L'Atelier Ari Rothbard, responsable du développement pour Equatel. "Le manque de réseau électrique fiable est également un frein, car cela rend difficile le rechargement de son mobile".
Envoyer des SMS et profiter de solutions de m-paiement
Concrètement, il suffit d'acheter une carte SIM prépayée et rechargeable commercialisée par de nombreux opérateurs. Puis de l'introduire dans le téléphone d'Equatel. L'utilisateur accède ensuite à une interface personnalisée, depuis laquelle il peut passer et recevoir ses appels. Mais aussi envoyer des SMS, consulter ses messages, disposer de sa liste de contacts et réaliser des opérations de paiement. Toutes les opérations sont sauvegardées. "SIM Payphone est aussi intéressant pour les opérateurs, cela leur permet d'élargir leur base client et d'atteindre des populations jusqu'à présent inaccessibles en raison de leur impossibilité d'acheter un mobile", ajoute Ari Rothbard.
Accroître la base clients des opérateurs
Dernière avantage : si l'utilisateur dispose ensuite de son propre téléphone mobile, il peut garder son numéro. Quant à la question de la légitimité d'installer des appareils fixes connectés aux réseaux GSM et non pas à une ligne fixe, le responsable du développement est clair : "Dans les pays en voie de développement, les lignes fixes ne sont pas une option. Cela coûte bien plus cher que de déployer des réseaux mobiles". Les "payphone" sont alimentés par énergie solaire et disposent d'une batterie de réserve. Chaque unité coûte entre 600 et 950 dollars. Le système a déjà été déployé dans des pays comme l'Ouganda, le Ghana, le Congo ou le Liberia, via MTN, Zain ou encore Vodafone. D'autres acteurs s'intéressent au "téléphone virtuel", comme ComViva, qui vient de lancer sa solution.
Mathilde Cristiani, envoyée spécial à Cape Town en Afrique du Sud

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