La téléréalité influe sur l'usage du web 2.0

Par 21 mai 2008

Les téléspectateurs assidus de programmes portant sur la vie quotidienne filmée des candidats sont aussi des utilisateurs spécifiques des réseaux sociaux et des sites de partage.

Quel est le lien entre des émissions de téléréalité - TVR - et les réseaux sociaux ? Les jeunes adultes qui s'adonnent frénétiquement à cette activité spectatrice sont également plus enclins à lier des relations d'amitié avec des personnes qu'ils ne verront jamais dans la vraie vie. C'est ce que tendrait à prouver une nouvelle étude de chercheurs de l'université de Buffalo aux Etats-Unis. Dans "We're All Stars Now: Reality Television, Web 2.0 and Mediated Identities", ces derniers affirment en outre que ces libertins de l'amitié - soit des adeptes du promiscuous friending - ont très logiquement des réseaux sociaux sur le web plus étoffés que les autres.
Plus de partage de soi
Ils sont également plus enclins que les autres à partager des photos. Il y aurait même une "érosion de la distinction entre le monde de tous les jours et le monde des célébrités, dans lequel tout un chacun affirme son intimité avec les vedettes médiatiquement identifiées que sont Britney Spears ou Brad Pitt". Pour les universitaires, le mixe entre TVR et Web 2.0 prépare rien de moins qu'un changement majeur dans la façon dont les individus perçoivent leur rôle dans l'environnement médiatique. En fait, les chercheurs adaptent le concept qui veut que les internautes ne sont plus seulement des récepteurs de messages médiatiques.
Récepteur + émetteur
Ils sont aussi des émetteurs d'information : "ils se voient comme les protagonistes d'histoires médiatisées". A ces fanatiques de la fusion entre vie ordinaire et écosystème médiatique, les réseaux sociaux donnent en effet accès à tout ce dont les stars ont besoin pour organiser leur célébrité : photos retouchées, interactions sociales coordonnées, sélection stratégique de l'entourage. Pour ceux qui auraient des doutes quant au sérieux de l'étude, un des chercheurs (Michael A. Stefanone) répond : "nous avons trouvés des différences statistiques robustes, systématiques et signifiantes entre les spectateurs et les non spectateurs de télé-réalité". Cette étude ne doit cependant pas éclipser d'autres intérêts que peuvent avoir les réseaux sociaux, comme celui d'aider à la scolarisation.

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