La télésanté séduit les seniors américains

Par 31 mars 2008 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

Le suivi à domicile rassure les retraités : ils sont prêts à adopter les nouvelles technologies comme alternative à la maison de retraite.

Qui a dit que les seniors étaient réfractaires aux nouvelles technologies? Selon une étude menée par l'AARP (*), les personnes âgées de soixante-cinq ans et plus désirent tirer parti de la technologie afin de pouvoir vieillir en sécurité chez elles. Détecteurs de mouvement qui alertent le prestataire médical en cas de chute, moniteurs sans-fil qui analysent tension cardiaque et respiration à distance, ou encore contrôle de la médication à domicile : autant de dispositifs plébiscités à la fois par les personnes âgées, leurs familles et les médecins. Cependant, le rapport révèle un frein de taille à l'adoption de tels dispositifs : le coût. Plus des trois quarts des seniors interrogés déclarent ne pas vouloir dépenser plus de cinquante euros par mois pour ce système. Reste que neuf personnes âgées sur dix disent préférer rester chez elles et éviter la prise en charge en maison de retraite. Une solution qui aurait plus d'un avantage : pallier le manque de place en centres spécialisés, mais aussi tranquilliser les familles qui savent leurs aînés en sécurité à la maison, et permettre à ces derniers d'évoluer chez eux en autonomie.
Une alternative aux maisons de retraite
"On est en train de repenser en France les modes d'hébergement et de prise en charge des seniors," explique Christelle Dumoulin, directrice de la résidence médico-sociale La Croix du Guet à Bouguenais, établissement du groupe Pro BTP. " On explore plusieurs voies, dont la prise en charge à des degrés différents de dépendance des vieilles personnes." Selon elle, les maisons de retraite accueillent en effet des pensionnaires qui pourraient se contenter d'une assistance à domicile. Intégrer un établissement spécial devrait être l'ultime solution, en cas de perte de sécurité ou de pathologies lourdes. Or souvent des personnes âgées qui n'ont besoin que d'interventions ponctuelles, comme une aide pour les courses, ou des visites chroniques chez le médecin, sont internées, faute d'un entourage présent. "Etre vieux n'est pas être malade !" ajoute-t-elle. "L'âge de la vieillesse recule, on vit mieux. La moitié de mes pensionnaires pourrait ainsi vivre chez elle à l'aide d'un dispositif technologique adéquat."
Les vieillards de demain seront high-tech
Le coût semble donc être une fausse question : une place en maison de retraite coûte cher, et la technologie sera toujours plus rentable qu'une assistance humaine. De plus, ces installations à la maison s'inscrivent dans une évolution logique de la société : "les personnes âgées d'aujourd'hui ne sont pas celles de demain" rappelle Christelle Dumoulin. Les retraités de demain sont des individus qui sont entourés de technologies nouvelles, aussi bien dans leur travail que chez eux. Ils ont une vraie force de proposition et sont loin de vouloir suivre le modèle de leurs aînés en maisons de retraite. La directrice de la Croix du Guet revient à l'exemple des villages dédiés aux personnes âgées, tout équipés, aux USA. Reste qu'on ne pourra s'exclure d'une responsabilité sociale :" la technologie jouera beaucoup dans l'évolution de la prise en charge des seniors.  Mais il va aussi falloir changer notre regard sur nos vieux" conclut-elle.
(*)American Association of Retired Persons

Haut de page

1 Commentaire

je suis très content

Soumis par Diallo (non vérifié) - le 08 août 2008 à 09h00

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas