La télévision indienne se fait massivement numérique

Par 25 mars 2008
La télévision indienne se fait massivement numérique

Le développement des équipements indiens en câbles et satellites a déjà propulsé le marché au troisième rang mondial. Un secteur de la télévision qui migre peu à peu vers les plates-formes numériques.

On estime aujourd'hui que plus de cent millions d'indiens sont abonnés à un système de télévision payante. Et d'ici à 2010 près d'un tiers d'entre eux aura adopté la télévision numérique. Ces chiffres sont issus d'une étude de l'ASSOCHAM, Associated Chambers of Commerce and Industry of India. Cette dernière révèle l'importance croissante que devraient tenir les opérateurs d'IPTV ou les fournisseurs de télévision par câble et satellite (C&S). Des fournisseurs de services tels que le Direct to Home (DTH), programme de télévision à la demande sur Internet, se frottent les mains face à de tels résultats : le rapport les classent en effet parmi les trois plus grands acteurs du marché. Ainsi l'IPTV devrait gagner près d'un million d'abonnés ces trois prochaines années. Une croissance qui sera cependant limitée par les coûts de développement et la faible pénétration des bandes haut débit. Car si le marché se développe à pleine vitesse, l'Inde pâtit encore du décalage avec l'avancée plus lente des infrastructures.

Vers une distribution plus équilibrée des revenus

Un marché en pleine croissance donc, qui devrait connaître une augmentation de 20% par an jusqu'en 2010. Cette digitalisation des plates-formes de télévision, laisse prévoir une redistribution des revenus : cette réorganisation touchera à la fois les fournisseurs par câble et satellite et les opérateurs de TV sur Internet. Ainsi, pour la télévision par C&S, le marché se divise actuellement en trois groupes. L'acteur majeur, le Local Cable Operator (LCO), détient plus de trois quarts des bénéfices. Le Multi System Operator (MSO) récupère quant à lui 5% des revenus, le reste revenant aux divers opérateurs se partageant le marché. A l'avenir, la répartition devrait être organisée ainsi : plus de la moitié pour LCO, l'autre moitié se répartissant entre le MSO et les autres. Dans le cas de l'IPTV, le DTH devrait garder sa situation de leader en conservant entre à peu près les deux tiers de la recette globale. Des revenus qui sont aussi une manne pour le gouvernement indien, qui a instauré des taxes sur les profits du secteur : le rapport souligne qu'ils devraient logiquement suivre la même courbe exponentielle que celle des revenus de la télévision.

Cinq cent chaînes pour un milliard d'habitants

Actuellement, entre 70 et 80% du financement de la télévision est issu de la publicité. Des chiffres qui devraient évoluer pour se stabiliser entre 30 et 45% : cette évolution est due à la hausse prévue des abonnements et donc des recettes qui y sont liées. Aujourd'hui on décompte quatre cent chaînes de télévision en Inde, et ce chiffre devrait dépasser les cinq cent dès l'année prochaine. La population indienne, qui compte plus d'un milliard d'habitants, bénéficie ainsi d'autant de chaînes que les Américains, qui eux sont seulement trois cent millions. Parmi ces chaînes, les programmes d'information ont attiré une audience plus élevée que ceux de divertissement.  Par ailleurs, à peu près trente-cinq jeunes chaînes lancées l'année dernière et soixante nouveaux programmes sont diffusés en Hindi.

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