La télévision indienne s'émancipe. Bientôt Doordarshan (DD) et All

Par 18 août 1997

India Radio (AIR), respectivement télévision et radio d'Etat n'auront plus à subir le contrôle étatique. Le ministre de l'information, S. Jaipal Reddy, devrait, en septembre 1997, faire entrer en ap...

India Radio (AIR), respectivement télévision et radio d'Etat n'auront plus
à subir le contrôle étatique. Le ministre de l'information, S. Jaipal
Reddy, devrait, en septembre 1997, faire entrer en application un décret
plaçant les médias publics sous l'autorité d'un conseil indépendant. Cette
décision, attendue depuis sept ans, est un premier pas vers des
privatisations partielles. Le détonateur de cette situation a été
l'arrivée en 1991 des télévisions privées "Pendant la guerre du Golfe, les
grands hôtels internationaux étaient le seul endroit où les Indiens
pouvaient regarder CNN. Les gens faisaient la queue pour aller voir la
télévision". Après CNN, le bouquet de chaînes anglophones détenues par la
News Corporation de Rupert Murdoch, Star TV Network, diffusé depuis Hong
Kong est arrivé en Inde. Zee TV qui diffuse en hindi, Sun TV, en langue
tamoule, puis SonyTV, Time TV ... d'autres chaînes privées à capitaux
indiens et étrangers se sont également créées. BBC World, Discovery
Channel ou ESPN sont venues un peu plus tard s'ajouter. Le téléspectateur
câblé dispose aujourd'hui d'une quarantaine de chaînes et d'une ouverture
sur l'international. Face à Doordarshan et sa vingtaine de chaînes
nationales, régionales et urbaines ainsi que son monopole de la diffusion
hertzienne lui permettant de couvrir 84 % du territoire indien pour une
audience potentielle de 400 millions de personnes, malgré un
fonctionnement bureaucratique, un style désuet, un personnel pléthorique,
les télévisions privées ont une puissance de feu limitée. Seuls 16
millions de foyers ont en effet, pour des raisons techniques et
financières accés au câble (7 % de la population). De plus, certaines
chaînes n'utilisant que l'anglais et ne diffusant que des programmes
occidentaux, ne touchent que "la population à la fois aisée et parlant
anglais", soit environ 7 millions de personnes, ce qui est pour l'Inde
relativement peu. Il faut dire que le téléspectateur indien moyen préfère
de loin les films hindis, les jeux télévisés et les matches de cricket. En
1995, l'industrie du câble, malgré ces obstacles, pesait déjà près de 3,5
milliards de F. Deux grands réseaux, Incablenet (Hinduja Group) et
SitiCable (Zee TV Group) occupent 60 % du marché. Alors que l'on compte
actuellement 50 millions de téléviseurs, on estime la demande à près de 10
millions de postes jusqu'en l'an 2000. Approchant les 3 milliards de F,
les revenus publicitaires engendrés par la télévision ont progressé
l'année dernière de 35 %.
L'Inde avec ses 950 millions d'habitants et une croissance économique
d'environ 6 à 7 % par an, a tout pour devenir l'un des premiers marchés
audiovisuels du monde.
(La Tribune - 18/08/1997)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas