La tension de la population se prend sur Twitter

Par 19 avril 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Masques

Au Royaume-Uni, l'analyse des tweets montre que les évènements, qu'ils soient culturels, économiques ou sociaux, influencent l'humeur générale de la population.

Pour comprendre comment réagit la population d'un pays, il suffit de lire leurs tweets. Trois chercheurs de l'université de Bristol au Royaume-Uni s'y sont essayé pendant trente et un mois afin de savoir si l'humeur sur Twitter était corrélée aux événements de la période, aux situations économiques ou au climat social. En somme, de savoir si Noël, les émeutes d’août 2011 ou Halloween avaient un impact sur les tweets des Britanniques, et ce de manière générale. A priori, cela se vérifie : on trouverait une majorité de mots relatifs à la joie pendant Noël contre une majorité mots relatifs à la peur ou à la colère suite aux coupures dans les dépenses publiques ou aux fêtes d'Halloween.

Des listes de mots

Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont analysé de juillet 2009 à janvier 2012 environ 484 millions de tweets générés par plus de 9,8 millions d'utilisateurs dans 54 des centres urbains les plus peuplés. Ils ont ensuite choisi de prendre en considération les cent tweets les plus récents toutes les trois à cinq minutes sans considération de mot clé ou de "hashtag", géolocalisés dans un rayon de 10 km du centre en question. A cette collection de tweets a été appliquée l'algorithme de Porter ainsi qu'un outil d'analyse de texte permettant de comprendre si l'humeur d'un tweet était relative à l’une des quatre humeurs sélectionnées par les chercheurs. L'outil d'analyse de texte a classé les tweets en fonction d’ensembles de mots clefs liés à une humeur grâce aux listes de WordNet Affect.

Peur, colère, joie, tristesse

Ce travail, qui s’est déroulé sur des périodes allant de quelques jours à une cinquantaine, ont permis de représenter lesdites humeurs dans le temps, sous forme de courbes. Les pics permettaient de visualiser l'état de tristesse, de joie, de colère ou de peur sur la base d'une hypothèse simple : plus il y a de mots relatifs à une humeur, plus cette humeur domine. C’est pourquoi, pour la colère, les pics sont à Halloween, à la Saint Valentin ou pendant les émeutes de 2011. Une analyse qui propose donc de voir l'effet des évènements sur l'état d'esprit d'une population et permettant d'observer que si les Britanniques sont en colère jusqu'à la fin 2011, ce sentiment baisse au moment du mariage royal.

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas