Les TIC et l’illettrisme : comment remettre l'école sur le chemin du progrès ?

Par 20 septembre 2002
Mots-clés : Smart city

le gouvernement veut remettre l'école sur le chemin du progrès

Le contexte La rentrée générale des classes a eu, comme les années précédentes, son lot de petits problèmes (fermetures de classes, suppression d’effectifs, occupation d’écoles par des parents d’élèves contestant des suppressions de classe ...), pas encore tous réglés à ce jour. Par ailleurs, 888 000 enseignants au sein de 69 300 écoles, collèges et lycées, publics ou privés, ont pris en charge les 12 438 000 élèves ou étudiants des classes supérieures des lycées, soit 15 000 de moins qu’en 2001 (France métropolitaine et Dom) ! En 2001, la collectivité nationale a dépensé 100,7 milliards d’euros pour son système éducatif sur le territoire métropolitain, dont 74,3 milliards d’euros pour le primaire, le secondaire et les classes préparatoires. Financée par l’Etat, les collectivités territoriales, les entreprises et les ménages, cette dépense représente en moyenne 1.250 euros par habitant. Dans sa conférence de presse du 2 septembre dernier, le ministre de l’Education nationale, Luc Ferry, accompagné du ministre délégué à l’enseignement scolaire (Xavier Darcos), a dressé les grandes lignes de son projet pour « remettre l’école sur le chemin du progrès ». Au cours des 40 dernières années, l’histoire de l’école a été caractérisée par un développement régulier et considérable de la scolarisation. Toutefois, depuis quelques années, on assiste à une régression dans au moins quatre domaines : - la progression de la démographie scolaire a pris fin ; - les résultats en matière de maîtrise des compétences de base à l’école primaire ne se sont pas améliorés ; - l’enseignement secondaire comme l’enseignement supérieur ont atteint un palier ; - enfin, plus grave encore, le maintien d’un pourcentage assez important (environ 8 %) de sorties du système éducatif sans diplôme et ni qualification. Face à cette stagnation des résultats de l’école, Luc Ferry et Xavier Darcos veulent « rendre l’Ecole à la Nation ». Les questions de violence dans les établissements, de l’égalité des chances, des compétences dévolues aux collectivités, de la mission des enseignants, des contenus de l’enseignement sont l’affaire de tous les citoyens, et donc en premier lieu de leurs représentants. Deux chantiers vont ainsi s’ouvrir : celui de la décentralisation auquel l’Education Nationale va devoir prendre sa part, et celui des nouveaux modes de pilotage. L’Education Nationale participera à l’expérimentation que le gouvernement engagera cet automne en matière de décentralisation. Devant renouveler largement ses effectifs à partir de 2004/2005, l’Education Nationale va devoir relever un triple défi : - améliorer la qualité du recrutement ; - engager une réflexion sur le métier d’enseignant et définir les évolutions qui semblent souhaitables ; - profiter de ce renouvellement pour répartir différemment les postes afin d’adapter l’offre de formation aux besoins. L’illettrisme et les TIC Parmi ses mesure prioritaires, dès cette rentrée scolaire le gouvernement met en place un plan de prévention contre l’illettrisme. Depuis une dizaine d’années, 15 à 20 % des élèves entrent en 6ème sans maîtriser la lecture et l’écriture. Dans leurs nouveaux programmes, les enseignements devront impérativement consacrer entre 2 heures et 2 heures 30 par jour aux activités de lecture et d’écriture. L’introduction de la littérature à l’école primaire, la lecture d’oeuvres littéraires par les maîtres, devraient permettre de développer le plaisir de lire chez les élèves… Ce dispositif de lutte contre l’illettrisme sera complété par d’autres mesures reposant notamment sur l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Premier objectif fixé : amélioration des résultats des élèves à l’évaluation de CE2 en 2004. Si les TIC ne sont pas un moyen déterminant dans la lutte contre l’illettrisme (c’est la capacité de transmettre des professeurs qui sera primordial), ils représentent toutefois un canal important d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. En effet, comme le soulève Joëlle Arnodo dans sa thèse sur L’intégration des TIC dans les formations d’adultes en situation d’illettrisme, les personnes de milieu modeste ont en général, plus que pour les livres, « une forte appétence à manipuler ces outils ». D’où la possibilité de les sensibiliser à l’importance de l’écrit par ce biais. Un nouveau programme d’enseignement des technologies Deux groupes d’experts regroupant chacun plusieurs disciplines seront chargés de relire les programmes du collège, l’un pour la culture des humanités, l’autre pour la culture scientifique et technique. Un troisième groupe d’experts, travaillant en collaboration avec le groupe consacré aux sciences, élaborera un nouveau programme de technologies et définira de nouveaux contenus d’enseignement permettant une initiation aux enseignements professionnels. Les formations professionnelles sont jugées insuffisamment reconnues dans notre système actuel de formation. Les recteurs vont donc devoir identifier dans chaque académie une personne chargée de faire mieux connaître les formations professionnelles et technologiques, ainsi que les métiers auxquelles elles préparent. Différentes opérations concernant la connaissance des métiers et la promotion de l’esprit d’entreprise seront mises en place au cours de l’année scolaire. Ils devront aussi favoriser la création de licences professionnelles en partenariat avec les lycées technologiques et professionnels. Conséquence attendue de cet engagement en faveur des voies technologiques et professionnelles : réduction des sorties sans qualification et des sorties sans diplôme. Un site dédié au « livret de l’engagement » Pour proposer et favoriser l’engagement des jeunes au service de la société, un livret de l’engagement sera distribué début 2003 dans tous les établissements scolaires et universitaires, les points d’information jeunesse, les missions sociales d’insertion ... Il présentera, de façon concrète, en partant des questions que se posent les jeunes, les grands types d’engagements (caritatifs ou humanitaires, culturels, civiques, économiques) qui leurs sont accessibles. Des informations seront données sur les principaux réseaux d’associations, les lieux et conditions d’accueil, les adresses utiles. Début 2003, un site Internet dédié sera également ouvert pour compléter et prolonger les indications données dans le livret de l’engagement. Les données par âge, par département, par type d’activité pourront être sélectionnées en consultant le site. Des aides diverses seront disponibles. En fonction de l’âge et des centres d’intérêt des jeunes, trois niveaux d’engagements seront envisagés : s’investir dans un dispositif conçu par une association, réaliser un projet original, ou donner une forme structurée à son action. (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 19/09/2002)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas