"Le ticket d'entrée de l'Internet russe est très élevé"

Par 29 septembre 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Créé il y dix ans, mail.ru fait maintenant partie du trio de tête des sites russes. L'Atelier fait avec Anna Artamonova, sa vice-présidente marketing, l'état des lieux de son business et de celui de l'Internet russe.

L'Atelier : Quel est votre positionnement sur l'Internet russe ? 
Anna Artamonova : Nous voulons être l'intermédiaire entre les particuliers et les entreprises. TNS nous donne comme ayant la plus grande audience de l'Internet russe. Selon nos propres estimations, cela correspond à 52 millions de russophones qui viennent chaque mois visiter mail.ru. Nos services visent le grand public, mais certains d'entre eux sont également en cours dans les entreprises. Selon une recherche interne, plus de 75 % des professionnels qui se servent d'un webmail vont sur notre système. Quoi qu'il en soit, les deux tiers de nos revenus en 2007 provenaient des bannières. Viennent ensuite la publicité contextuelle et en troisième, les services payants. Pour information, la publicité sur Internet en Russie représentait cette année-là 400 millions de dollars en bannières et 400 millions en publicité contextuelle.
 
Comment expliquer que le marché russe soit dominé par des champions locaux ?
 
L'Internet russe est un des rares marchés où les entreprises locales sont sur les premières places du podium. Il y a beaucoup de raisons à cela. La première de toute est que le web russe est spécifique : bien loin de la saturation, son taux de pénétration est significativement derrière celui des autres marchés européens... Ensuite, la plupart des internautes russes pratiquent peu les langues étrangères. Ce qui fait que les services locaux sont plus adaptés à leurs habitudes et à leur mentalité. Ensuite, la plupart des grandes entreprises étrangères ne se sont pas ruées en Russie, et les sociétés locales ont pu tirer seules les bénéfices de la forte croissance de ce marché. Résultat, leurs positions sont maintenant fortes, et les utilisateurs sont fortement accoutumés à leurs services. Autant dire que le ticket d'entrée est très élevé, voir pratiquement hors d'atteinte.

Comment expliquez-vous que l'Internet mobile soit si peu développé, alors que la pénétration du mobile dépasse 100 % ?
 
Les téléphones portables ne sont pas franchement confortables pour surfer sur Internet, du fait de leur taille, des fonctions embarquées, etc. Ce qui n'est pas le cas des assistants personnels. Malheureusement, ces derniers ne sont pas très utilisés en Russie. Cela va changer, avec les retombées de la 3G qui est en train d'arriver. Cela ne nous empêche pas d'avoir un portail WAP depuis de nombreuses années, et qui compte 2 millions d'utilisateurs mensuels. Sur ce portail, les Russes peuvent accéder à leur courriel, mais aussi à des services comme le réseau social Moy Mir@Mail. Ru (Mon Monde@Mail.Ru), ou le service d'hébergement de blogs Blogi@Mail.Ru. Un de nos autres projets à succès dans le domaine est le mobile Mail.Ru Agent, par lequel transite un dixième des messages de notre messagerie instantanée. Celle-ci est utilisée par 3,5 millions d'utilisateurs, qui envoient 50 à 60 millions de messages par jour !

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