Pour toucher les patients, la télémédecine doit se fondre dans le quotidien

Par 12 novembre 2008

Si les initiatives de supervision à domicile se multiplient, une partie du public visé est encore réticente à s'y intéresser. En cause : la difficulté d'utilisation des systèmes et le manque de bénéfice immédiat.

Le manque de visibilité des bénéfices liés à l'utilisation de solutions de télésanté est un frein à leur multiplication. Telle est la principale conclusion du centre EPC de l'université de l'Oregon. D'où la nécessité de réaliser un travail d'éducation et de sensibilisation lors du déploiement de telles solutions. Les chercheurs de ce centre se sont penchés sur les facteurs qui incitent ou empêchent ces patients de se servir d'un ordinateur et autres solutions technologiques pour se soigner. Ils ont ainsi recensé les barrières matérielles, technologiques et culturelles qui empêchent une grande partie du public concerné - personnes âgées, malades chroniques et ceux n'ayant pas les moyens de se soigner - d'en profiter.
Simplicité et régularité
Résultat : la difficulté d'utilisation, la complexité et l'aspect potentiellement intrusif de ces outils informatiques sont pointés. L'EPC a identifié les pratiques qui doivent être soutenues pour combattre ces réticences. Il a remarqué que les solutions de télémédecine les mieux adoptées sont celles qui proposent aux individus des conseils personnalisés et réguliers, dans le but de recréer une routine. La participation à une opération collaborative est également appréciée. Le centre a ainsi observé la motivation dans le cadre d'une étude sur l'hypertension. Elle était plus grande chez les malades obligés de surveiller leur pression sanguine que chez ceux qui suivaient leur tension dans un but uniquement personnel. Dans la même lignée, les patients préfèrent se servir d'appareils qu'ils utilisent au quotidien.
Les réseaux sociaux plébiscités
Que ce soit pour recevoir de l'information santé ou réaliser des analyses, il faut donc privilégier des dispositifs comme le téléphone portable. Autre usage plébiscité : celui des réseaux sociaux et des communautés qui se bâtissent en ligne autour d'une pathologie. Ce, notamment parce qu'ils autorisent l'interaction avec d'autres malades sous couvert d'anonymat et sans la peur d'être jugé. "Un système de santé basé sur les technologies a le potentiel de rendre les patients plus proactifs. Ce qui réduira le nombre d'hospitalisations, désengorgera les centres d'urgences et surtout facilitera la gestion des coûts", souligne Holly Jimison, professeur associé à l'OHSU School of Medicine.

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