Toujours plus de données privées dévoilées sur Facebook ?

Par 28 septembre 2011
facebook

La nouvelle timeline du réseau social, qui permet de plus facilement se raconter, permettrait aux entreprises d'accéder plus aisément à des informations personnelles. Une initiative qui suscite la polémique.

La nouvelle timeline de Facebook, une mine d'informations pour les entreprises ? Oui, et cela pourrait ne pas les servir. C'est la théorie que défend Ananda Mitra, expert en média social, président du département communication de l'université de Wake Forest, et auteur du livre "Investigating Cyber Law and Cyber Ethics: Issues, Impacts and Practices". Interrogé par L'Atelier, il explique que la nouvelle interface mise en place par le réseau social fournit aux entreprises une opportunité conséquente d'accéder aux données des membres, et donc de proposer des publicités bien plus personnalisées. L'obtention de ces informations se fait via ce que le chercheur nomme des "narbs", soit les évènements quotidiens relatés sur Facebook. Selon lui, la différence ne se fait pas dans l'accès aux informations.

Une interface qui pousse à faire part de sa vie privée

"La mise en place de cette nouvelle timeline ne change pas fondamentalement la donne du côté des entreprises. Avant comme après son adoption, il est toujours aussi aisé pour elles d'accéder aux narbs en question contre rémunération", note-t-il. Avant d'ajouter : "Ce qui change, c'est l'incitation plus forte donnée aux utilisateurs de raconter le déroulement de leur quotidien". De fait, le menu déroulant est conçu de telle façon qu'il devient possible de réaliser via celui-ci une véritable autobiographie rassemblant les évènements plus ou moins anodins qui rythment la vie d'une personne. Cette mise en forme sous forme de récit encouragerait les utilisateurs à tenir leur timeline à jour, juge-t-il.

Rester prudent quant aux publications effectuées

Pour autant, précise Ananda Mitra, "cela ne signifie pas qu'il faut cesser toute activité sociale, par peur de voir ses publications récupérées à des fins commerciales. Au contraire, il faut s'impliquer davantage dans la rédaction de ces dernières, et rester prudent, afin d'avoir un véritable contrôle sur les informations véhiculées". Et si le fonctionnement de cette nouvelle interface peut la rendre assez difficile à maîtriser, le chercheur est persuadé que les utilisateurs s'y habitueront très vite. Il conclue ainsi: "les utilisateurs comprendront rapidement la meilleure façon de gérer leurs narbs". Cela, afin de permettre de proposer des réclames certes plus ciblées, mais surtout mieux acceptées si elles ne sont pas perçues comme des intrusions dans sa vie privée.

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