Tracking : l'autorégulation jugée insuffisante par les associations américaines

Par 05 mai 2010
Mots-clés : Smart city

Inquiets du manque de contrôle appliqué aux données collectées sur les internautes dans un but publicitaire, les associations de défense des consommateurs appellent le congrès américain à légiférer.

"Le tracking et le ciblage des consommateurs en ligne a atteint des niveaux alarmants", s'inquiète un consortium de 11 associations de consommateurs et de protection de la vie privée. Dans une lettre au congrès américain, celles-ci affirment que l'autorégulation a fait la preuve de son insuffisance et appellent les autorités à légiférer. En ce sens, elles ont établi une liste de recommandations qu'elles voudraient voir intégrées à tout projet de loi. Le groupement considère notamment que la vie privée des internautes doit être défendue même si les informations collectées ne peuvent pas être rattachées à un nom ou à une adresse. Dans la mesure où une adresse IP, un cookies ou toute autre caractéristique permet de distinguer les consommateurs entre eux, les règles de confidentialité doivent s'appliquer, affirment-il.
Ne pas conserver les données plus de 24h
Dans cet esprit, les réseaux publicitaires et les sites ne devraient pas être autorisés à conserver ni utiliser les données comportementales qu'ils récupèrent plus de 24 heures. Au-delà, le consentement explicite de l'internaute devra être obtenu. Dans tous les cas, les informations sensibles doivent être exclues de ces pratiques. D'après le consortium, la définition de celles-ci devrait être à la charge de la Commission fédérale du commerce (FTC), une agence indépendante rattachée au gouvernement. Les informations médicales, financières, les caractéristiques ethniques des individus ou leur orientation sexuelle ou politique devraient impérativement faire partie de cette liste de données inexploitables.
Interdire la collecte d'informations sensibles
"La possibilité d'une mauvaise utilisation des informations relative à la santé ou à l'état des finances d'un internaute est particulièrement troublante", rappelle le groupement d'associations. "Ce type de renseignement pourrait être obtenu par des agences gouvernementales, des enquêteurs privés ou d'autres pour des raisons qui vont bien au-delà de la publicité", préviennent-elles.Par ailleurs, le groupe considère que les consommateurs doivent être informés lorsqu'une forme de suivi de leur navigation est mise en place, et que les règles appliquées doivent être consultables. Enfin, le libre accès aux données collectées dans un délai et à un prix raisonnable doit être assuré par le législateur. Sur demande, elles devront de plus pouvoir être intégralement supprimées de la base d'un site dans un délai maximal d'une semaine.

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