Le traitement vidéo se complexifie en s'approchant du spectateur

Par 21 mai 2008
Mots-clés : Smart city

Les appareils vidéo de dernière génération intègrent des programmes d'encodage moins lourds qui impliquent un décodage plus complexe. Une évolution qui va à l'inverse du modèle qui prédominait jusque là.

L'arrivée des technologies de traitement du signal vidéo au format DVC (Distributed Video Coding) pourrait bouleverser la donne de la diffusion audiovisuelle. "Traditionnellement la partie codage est plus complexe. Et la partie décodage plus simple. Ce qui convient plutôt bien dans un schéma traditionnel de diffusion : on encode une fois sur une grosse machine pour décoder sur des terminaux "idiots"", déclare Julien Dorra, consultant DVD et nouveaux médias pour Video Design. D'après les chercheurs du projet Discover, ce principe de fonctionnement serait actuellement en train d'évoluer. Ils sont parvenus à développer un nouveau codec "très compétitif" basé sur la technologie DVC. Avec cela, un nouveau modèle est en train d'émerger. Ce dernier tend vers l'intégration d'encodeurs au fonctionnement simplifié à la source - c'est-à-dire dans les systèmes chargés de diffuser le signal vidéo - et vers des programmes de décodage plus complexes permettant de lire le signal à l'arrivée.
Des technologies qui suivent l'évolution des produits
Une évolution due à la généralisation d'appareils et de caméras vidéo sans-fil disposant de moins de mémoire et de capacités en termes d'alimentation. Des contraintes ne permettant pas à ces produits d'embarquer des technologies d'encodage exigeantes. Et à l'évolution inverse en ce qui concerne les dispositifs de lecture : ordinateurs puissants, télévisions hybrides, etc. Un état de fait qui a donc incité les chercheurs et ingénieurs du monde entier à trouver des alternatives en matière de traitement du signal vidéo. Résultat : cette communauté se penche sur le développement de codecs estampillés DVC depuis plusieurs années déjà, et de nouveaux programmes font leur apparition. A l'image des avancées réalisées par les acteurs du projet européen Discover. Reste que pour l'heure, la qualité du rendu visuel offert par ces types d'encodeurs au fonctionnement simplifié est moindre que celle des technologies standard.
Réduire l'écart avec les standards
"Je suis sûr qu'à l'avenir, de nouveaux projets permettront d'élever la qualité DVC à un niveau proche de celle des technologies de diffusion les plus courantes, voire permettront de ne plus faire la différence entre les deux", déclare Luis Torres, l'un des coordinateurs du projet Discover. Et même si le chemin vers une restitution d'image équivalant au rendu télévisuel est encore long selon lui, les bases sont posées pour le développement d'un codec à usage commercial. Le groupe de recherche évoque dans ce cadre certaines des applications que pourrait avoir ce programme dans les domaines de la vidéo transmission sans-fil, les réseaux de surveillance vidéo ou encore l'imagerie médicale. "On peut imaginer des caméras autonomes miniatures HD à faible consommation par exemple" conclut pour sa part Julien Dorra, pour qui la question est de savoir la place que pourront avoir ces codecs dans un avenir où les caméras embarqueraient plus de puissance de calcul ?

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas