Traiter des données sans les décoder ?

Par 31 mai 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

L'université de Bristol propose un modèle permettant d'effectuer des calculs informatiques à partir de données encryptées. Le résultat seul étant décodé.

Effectuer toutes sortes de calculs à partir de données encryptées, afin de sécuriser les informations initiales traitées. C'est le projet de Nigel Smart, chercheur à l'université britannique de Bristol, qui propose un modèle qui, une fois intégré à un système informatique, permet d'opérer des opérations de manière cryptée, en n'en révélant que le résultat. Ce qui offrirait de nombreuses applications, selon le chercheur : pour traiter des données confidentielles, dans le secteur hospitalier, de patients souhaitant garder l'anonymat. Ou pour des systèmes de votes électroniques. Ou encore pour des sites proposant aux internautes d'effectuer des enchères en ligne.
Toutes les fonctions mathématiques possibles
La méthode mathématique développée par le scientifique utilise la théorie algébrique des nombres. Elle est basée sur le schéma dit "homomorphique", ou fondée sur le "morphisme de groupes", c'est-à-dire conservant toutes les propriétés mathématiques au cours du traitement des données. Toutes les additions, soustractions, multiplications et divisions qui sont effectuées suivent ainsi la même structure cryptographique. Du coup, à la fin du calcul, il suffit d'utiliser une clé pour décoder le résultat. En déchiffrant simplement le ciphertext, qui est le fruit encore codé du calcul effectué. "A partir du moment où vous pouvez ajouter, soustraire, ou multiplier, vous pouvez calculer toutes les fonctions possibles", explique le spécialiste.
Additionner et multiplier simultanément
Un précédent travail de recherche effectué par un scientifique d'IBM en 2009 avait démontré qu'il était possible d'effectuer simultanément des additions et des multiplications, dans une approche homomorphique. En partant de ces travaux, le chercheur britannique est parvenu à mettre en pratique ces considérations théoriques. Reste que son modèle en est encore au stade de la théorie, a-t-il précisé à L'Atelier. A noter : le projet a été présenté à Paris le 28 mai, lors des ateliers de l'International Association for Cryptologic Research, ou IACR.

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