Les tribunaux américains sont envahis par la "preuve virtuelle".

Par 02 mars 1999
Mots-clés : Smart city

Les documents papier, les photos ou les dessins sont en voie de disparition dans les prétoires des tribunaux américains. Rendue possible par le succès de ce que l'on appelle outre-Atlantique "la pre...

Les documents papier, les photos ou les dessins sont en voie de
disparition dans les prétoires des tribunaux américains. Rendue possible
par le succès de ce que l'on appelle outre-Atlantique "la preuve
virtuelle", l'ère du "procès sans papier" est amorcée. Les armes de la
conviction sont cruciales dans un pays où les procès se déroulent devant
des jurys populaires, en première instance. Avocat au bureau new-yorkais
de Cleary, Gottlieb, Stenn & Hamilton, Lawrence B. Friedman, explique
"nous transformons le prétoire en théâtre. La moitié de la communication
repose sur la façon dont sont présentées les choses, pas dans leur
contenu. C'est une forme de persuasion visuelle : une image doit avoir un
impact dans le cerveau du jury. Cette technique ne constitue pas une
preuve, mais elle permet une mise en scène de la preuve. Deux
présentations disant la même chose, mais exposées différemment peuvent
avoir un effet complètement différent".
Cette évolution repose sur deux analyses principales. Non seulement, les
sociologues ont démontré qu'un individu conserve en mémoire, au bout de
trois jours, trois à cinq fois plus d'informations vues et entendues que
celles ayant été seulement entendues, mais également, selon une croyance
largement répandue "la télévision ne ment pas". L'individu croît plus
facilement à la contrefaçon d'un papier qu'au mensonge d'une image. Leur
influence étant certaine, des documents du type "24 heures dans la vie de
la victime" se multiplient.
Très vite, les juristes ont compris l'intérêt de l'écran dont dispose
chaque juré "nous présentons dans un dessin animé ou dans une vidéo ce qui
se trouve dans notre argumentaire. L'outil s'avère particulièrement utile
en cas d'accidents de voiture, d'une catastrophe aérienne, de handicaps
provoqués par un tiers. Cela nous permet d'expliquer au jury ce qui s'est
passé en le lui montrant. Si deux témoignages divergent, nous faisons deux
vidéos différentes".
Certaines sociétés se font une spécialité de produire ces images comme
Animators at Law qui propose de "transformer le complexe en
compréhensible". On apprend ainsi que les couleurs peuvent "effectivement
organiser un message". Animators at Law prévient à cet effet que ses
désigners "évitent les couleurs qui évoquent des sous-entendus négatifs et
s'orientent vers des couleurs associées à des émotions positives".
(La Tribune - 1er/03/1999)

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