Les tribunaux malaisiens se mettent à la vidéo-conférence

Par 27 août 2008 1 commentaire

Avec ce système, le gouvernement de ce pays d'Asie espère rationaliser ses dépenses et raccourcir les délais de procédure.

Le gouvernement fédéral de Malaisie réfléchit à la systématisation de l'usage de la vidéo-conférence dans les tribunaux du pays. Le projet fait suite à l'expérimentation jugée bénéfique de cette technologie dans l'état du Sarawak. Selon Tan Sri Bernard Dompok, ministre auprès du premier ministre de la Malaisie, le système a d'abord permis d'y réduire les délais de procédure et de faire ainsi gagner du temps aux victimes, aux avocats et aux juges. "En Malaisie, les délais sont de neuf mois pour les affaires criminelles et deux ans pour les affaires civiles. Notre objectif est de les faire respectivement baisser à trois mois et un an". Le système permettrait également de faire des économies dans le fonctionnement de la justice. D'où son utilité : "un juge peut ainsi rendre son verdict dans une affaire opposant deux parties situées dans deux localités distinctes alors que lui-même se trouve dans un troisième endroit".
Eviter les tentatives d'intimidation
Une étude réalisée il y a moins d'un an par des chercheurs en sciences informatiques de l'université de Bath soulignait déjà les éventuels bénéfices des systèmes de vidéo-conférence dans la résolution de conflit, notamment dans le cas de confrontations. Organiser une rencontre réelle peut en effet s'avérer lent et coûteux. L'usage de la vidéo-conférence peut surtout permettre d'apaiser les tensions et réduit les risques d'intimidation physique que redoutent souvent les personnes convoquées. "Personne ne nie l'éventuelle utilité de cette technologie dans certaines situations", explique Laurence Mollaret, vice-présidente du syndicat de la magistrature. Et celle-ci de citer l'exemple d'une magistrate partie en poste à la Réunion auditionnée par vidéo-conférence lors de la commission Outreau. Ou encore la confrontation par écrans interposés avec ses agresseurs de Mama Galledou, la jeune fille brûlée dans un bus à Marseille il y a près de deux ans.
Ne pas porter atteinte à la publicité de l'audience
"Dans ce genre de situations, l'outil peut être adéquat. Il est également évident que cette délocalisation des salles d'audience s'inscrit dans une logique de rationalisation des dépenses, y compris en France". Quant à savoir si l'usage de la vidéo-conférence permettra nécessairement des gains de temps dans la résolution des affaires, Laurence Mollaret est plus sceptique. "Il n'y a pas de miracle. On a besoin de juristes  et sans augmentation des moyens humains, je vois mal comment pourraient être réduits les délais de procédure". Elle rappelle enfin que l'un des piliers d'une justice équitable réside dans la publicité de l'audience et donc sa réalité. "Mise au service de la justice, la technologie a d'évidents bienfaits. Mais il faut faire attention à ce que cette virtualisation ne porte pas atteinte au principe selon lequel la justice est rendue au nom du peuple. En conséquence duquel n'importe qui doit pouvoir assister à une audience".

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Un autre marché potentiel ?

Soumis par Didier (non vérifié) - le 04 septembre 2008 à 18h21

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