La tuberculose se combat à coups de SMS

Par 05 juin 2008

Pour encourager les populations pauvres à suivre de longs traitements contraignants, le MIT a imaginé un système incitatif basé sur des minutes de téléphonie mobile gratuites.

Donner des récompenses - ou incitation, incentive en anglais - aux commerciaux méritants n'est pas ce qu'il y a de plus difficile : voyages, cadeaux, bonus salariaux... Que faire quant il s'agit de faire prendre des médicaments à des populations sans comptes bancaires, dans des lieux avec des systèmes postaux défaillants et sans pour autant dépenser trop d'argent. Offrir des minutes téléphoniques, c'est la réponse apportée par des étudiants du Massachusetts Institute of Technology. Ils ont développé tout un processus autour de cet "incentive" pour lutter contre la tuberculose. La technique mise au point est la suivante : le malade reçoit un distributeur de bandelettes de papier qui réagissent à l'urine du patient si celui-ci a pris son remède.
Un numéro de série à envoyer
Tous les jours, un de ces testeurs est automatiquement donné au malade. Dans le cas où ce dernier a suivi le traitement, apparaît un numéro de série en couleur. La personne testée a deux heures pour l'envoyer par SMS à une base de données centrale. Un petit programme calcule le taux de conformité du patient, c'est-à-dire estime si celui-ci prend correctement son traitement. Si la réponse est positive, des minutes de téléphone lui sont attribuées. Cette maladie demande un traitement strict de six mois. Dans le cas contraire, le bacille de Koch tend à devenir résistant à l'antibiotique, avec le risque que cette résistance se propage.
9 millions de nouveaux infectés en 2007
Ce qui n'est pas anodin. En 2007, selon l'organisation mondiale de la santé, il y a eu dans le monde près de neuf millions de nouveaux cas de la tuberculose. Et si parmi eux l'on trouvait des personnes atteintes dans les pays développés, plus de sept millions ont été déclarés en Asie et en Afrique subsaharienne. Aider au suivi des malades n'est donc pas une lubie : c'est une vraie nécessité. Le concept, appliqué au Nicaragua, pourrait être étendu aux autres zones fortement éprouvées. Reste qu'il faudra résoudre le problème des pays ou villages où les téléphone sont partagés entre plusieurs habitants.

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