"La Tunisie offre un cadre d’implantation très favorable pour le secteur des TIC"

Par 18 octobre 2013 1 commentaire
Tunisie et technologies

Le souffle du printemps arabe a répandu les usages sociaux et mobiles dans un pays qui constitue une place privilégiée pour atteindre l’Afrique et le Proche Orient.

A l'occasion des 6ème Rencontres Internationales du Numérique organisées par Ubifrance, qui se tiendront les 23 et 24 octobre à Paris, L'Atelier a contacté Zohra SADOK, Conseillère Export sur la filière NTIS (Nouvelles Technologies, Innovation, Services) en Tunisie.

L'Atelier : Quelles sont les secteurs les plus dynamiques en Tunisie dans le monde High Tech ?

Zohra Sadok : Le secteur des TIC est extrêmement dynamique en Tunisie. Il représente 7% du PIB et est en croissance de 14% par an. Cela représente près de 100 000 emplois sur le territoire. 1200 entreprises composent la diaspora technologique en Tunisie dont des sociétés étrangères et notamment Françaises. Sagem, Alcatel, Orange, Bull ou bien IBM sont bien sûr des entités très actives.

La diffusion de la technologie est très transversale, tous les domaines de l’économie sont touchés. On note cependant un véritable engouement pour le mobile. Trois opérateurs, Tunisie Telecom (l’opérateur historique), Tunisiana et Orange se partagent un marché dont le taux de couverture est bien au-delà des 100%. On compte en effet 12 millions de puces pour une population de 10 millions d’habitants. Par ailleurs, la diffusion de la 3G initiée par Orange en 2009 a notamment permis à l’environnement des applications de se développer très vite. La branche développement est aujourd’hui menée par l’émergence du Cloud. Il s’agit d’un marché véritablement très porteur. Un datacenter est d’ores et déjà opérationnel en Tunisie et deux nouveaux sont en projet. La sécurité informatique représente également une problématique naissante.

Quel est l’état de l’innovation aujourd’hui en Tunisie ?

De manière générale, il existe de très bonnes formations en Tunisie notamment pour les ingénieurs. Plus de 200 filières universitaires forment chaque année 13 000 diplômés. Le pôle de compétitivité El Gazala a d’ailleurs été créé il y a maintenant une dizaine d’années grâce notamment à des entreprises Françaises comme Alcatel. Par ailleurs, il est important de signaler que le gouvernement Tunisien a entrepris un vaste chantier de numérisation. En effet, la dématérialisation permettra une plus grande réactivité de l’administration. Enfin, la phase d’amorçage de grands projets nationaux ayant attrait à l’e-environnement, l’e-tourisme ou bien encore l’e-santé a été lancée grâce à des partenariats public-privé.

Le printemps Arabe a mis en lumière un engouement pour l’utilisation mobile des réseaux sociaux, est-ce toujours le cas ?

Oui bien sûr ! En Tunisie, tout le monde veut le dernier smartphone. S’il n’est pas encore à la portée de toutes les bourses, même des salaires que l’on pourrait qualifier de très moyen suffise à s’en procurer un. La révolution a révélé l’enthousiasme de la jeune génération pour les réseaux sociaux qui n’a pas failli depuis. On compte 2,5 millions de comptes Facebook en Tunisie. Cela représente 31% des comptes au Maghreb et près de 9% des utilisateurs Africains. L’usage est fortement corrélé à la génération des 18-35 ans. Cependant, il est à noter que l’utilisation des réseaux sociaux est très différente en Tunisie par rapport à la France. Ici, ils sont surtout utilisés pour partager l’information, l’actualité, mobiliser les gens, faire part des rebondissements politiques.

D’autres usages mobiles se sont-ils développés ?

Le paiement mobile ne s’est pas réellement développé à l’inverse de l’Afrique Subsaharienne.  Le contact avec la monnaie physique est encore important. Quelques banques ont pourtant pris des initiatives, des paiements mobiles dans les taxis ont été proposés mais cela n’a jamais réellement pris. La géolocalisation est au contraire en pleine expansion. Une mission conjointe avec l’Algérie a d’ailleurs été lancée l’année dernière sur le sujet visant autant les sociétés privées que l’appareil public. Chacun est prêt à investir aujourd’hui pour en récolter les fruits demain. Les Tunisiens montrent aussi une appétence certaine pour le marketing à la performance. On note un développement rapide des sites d’offres promotionnelles et des sites de ventes privées.

Est-ce que cette appétence pour les usages digitaux se traduit par une scène entrepreneuriale dynamique ?

La Tunisie possède quelques Startups. En effet, le pôle technologique El Gazala a monté 24 pépinières partout sur le territoire. Un projet d’incubateur d’une université privée avec Mines Telecom est par ailleurs en cours. On note également l’initiative d’Orange qui possède un programme dédié aux jeunes diplômés. L’opérateur propose en effet des formations relatives aux applications mobiles et embauchent nombre des participants au programme.

En quoi l'environnement Tunisien est favorable soit à une installation des entreprises de NTIC ou à des échanges privilégiés?

La Tunisie offre un cadre d’implantation très favorable. En effet, il s’agit d’une plateforme pivot idéale pour couvrir les marchés limitrophes tels que l’Algérie ou la Lybie, puis par extension les marché tiers Africains et du Proche Orient. L’Alliance Numérique mis en place en Juillet à l’occasion de la visite de François Hollande en Tunisie vise à développer la « colocalisation »en facilitant les partenariats entre société Françaises et Tunisiennes. De plus, nous sommes sortis du schéma « 100% Centre d’appels ». En effet, la Tunisie présente le même niveau comparatif  technologique que l’Inde avec la proximité géographique et linguistique en plus.

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Pour lire le témoignage d'un entrepreneur tunisien dans les jeux vidéos, rendez-vous sur Les Jeunes Entrepreneurs du Globe : http://lesjeunesentrepreneursduglobe.tumblr.com/post/64761449488/entreprendre-en-tunisie-rencontre-avec-walid

Soumis par Pénélope (non vérifié) - le 22 octobre 2013 à 17h49

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