Tunisie : vers une dynamisation de l'innovation accélérée ?

Par 21 juin 2011
Mots-clés : Smart city, Europe
une ampoule

Au lendemain de la "révolution de jasmin", les esprits se libèrent en Tunisie. Et en particulier le secteur professionnel, qui connaît un fort dynamisme. Mais les acteurs doivent se coordonner.

"La Tunisie doit être le portail de l'Afrique" expliquait à L'Atelier un membre de l'APII (l'Agence de promotion de l'industrie et de l'innovation tunisienne) à l'occasion du congrès EBN, qui s'est tenu à Toulon la semaine dernière. L'optimisme se fait en effet ressentir après la révolution. Il semble que le pays a renforcé sa position sur l'échiquier géopolitique après la révolution. "D'ici cinq ans, l'écosystème de l'innovation sera plus efficace, mais il faut surtout passer par des campagnes de collecte de financement". L'autre interrogation, c'est la recherche de talents, d'entrepreneurs. Mais les choses risquent de s'améliorer, puisque 50 % de la population est jeune, et prête à s'engager dans le travail. L'idée, c'est donc de profiter d'une restructuration du système et de donner le bon rythme aux centres de recherches, incubateurs et start-ups pour travailler sur de la recherche appliquée afin d'en faire profiter l'industrie.

Faire preuve d'humilité

Aujourd'hui, l'innovation et la dynamisation de l'économie tunisienne est possible si la coopération est meilleure entre la recherche et l'industrie. Le processus est déjà bien en marche puisque avant la révolution, "le gouvernement était dans l'affichage de bonne volonté, pas forcément en accord avec la réalité". Aujourd'hui, les agences gouvernementales comme l'APII semblent être davantage dans la recherche de proximité avec les acteurs de l'innovation, notamment les plus jeunes. Aussi, pour avancer, "il faut accepter que le système ait des faiblesses, ce qui ne ce disait pas avant"poursuit le membre de l'APII. Les centres de recherches vont donc s'ouvrir davantage, notamment avec les partenaires classiques, comme la France, l'Italie ou encore l'Espagne. Cela pour créer de nouveaux liens, et renforcer les partenariats déjà en place.

Un système déjà actif

D'une part, le système est devenu plus visible, notamment car les chiffres des ressources humaines du secteur de la recherche sont officiellement connus. Selon l'ECT, l'European Tunisian Coopération*, la recherche scientifique est également déjà entrée dans une période de forte dynamisation (400 publications en 1996, contre 3400 en 2010). Enfin le budget national "est conséquent", et permet de financer des pôles technologiques : ce sont aujourd'hui 26 incubateurs/pépinières qui existent et ont en moyenne cinq ans. Ces derniers sont entre autres financés par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Au total, ce sont entre 250 et 260 sociétés qui ont été créées depuis leur existence, "et le renforcement des initiatives de coopération européennes permettra certainement de multiplier ces modèles" explique à L'Atelier un membre de l'ECT.

* L'ECT est un programme européen qui a débuté en septembre 2009 et qui prendra fin en septembre 2012 dont l'objectif est d'améliorer entre autre les collaborations entre les communautés scientifiques européennes et tunisiennes.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas