Je tweet, donc je suis

Par 24 novembre 2009

Une journée au tribunal des services dont l'utilité ne saute pas aux yeux (bel euphémisme, je sais). Aujourd’hui nous assistons au procès d’un nouveau service web en lien avec Twitter et baptisé TweetBookz. Un nom qui aurait fait rugir le procureur.
On reproche à TweetBookz de proposer aux utilisateurs du site de micro-blogging d’éditer leurs "créations" sous forme de livre imprimé. A la lecture des chefs d’implication un frémissement d’effroi a saisi la salle.
Le procureur a lu à l’assemblée un extrait du communiqué de presse publié par l’accusé : "Il suffira aux utilisateurs de Twitter de se connecter au site web et de sélectionner jusqu’à 200 de leurs tweets les plus mémorables". Dans l’audience, on entend un sanglot étouffé. Sans s’en préoccuper, le procureur reprend : "Les livres sont ensuite imprimés en couleur, au choix de l’utilisateur".
L’avocat de Tweetbookz a tenté une faible défense en affirmant que son client avait conservé une certaine déontologie. Il est ainsi impossible de rajouter des tweets qui n’auraient pas été publiés initialement, ou d’imprimer le livre d’un autre utilisateur.
Le coup de grâce est tombé quand le procureur a lu devant un jury horrifié les déclarations des fondateurs du site : "C’est une manière amusante de revenir vers vos tweets favoris et de garder à jamais l’émotion de ces moments si particulier. C’est un cadeau fantastique à offrir à sa famille ou à ses amis".
Le verdict ne s’est pas fait attendre et l’accusé a été reconnu coupable "d’encourager le nombrilisme".
Sans regretter le moins du monde la "douce" époque de l'inquisition, on se surprend à penser que, finalement, il y a bien des livres qu'on a envie de mettre au bûcher...

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