Sur Twitter, l'influence ne tient pas forcément au nombre d'abonnés

Par 10 septembre 2010
Mots-clés : Digital Working

L'université de Northwestern propose de repérer pour chaque ''trend'' qui émerge quotidiennement sur le site de micro-blogging les membres du réseau les plus connaisseurs et les plus compétents.

Plutôt que de chercher à lister les personnes influentes sur Twitter d'une façon trop générale, les marques ont intérêt à déterminer quels sont les membres les plus à même de s'exprimer sur un sujet en particulier. Partie de ce postulat, une équipe de l'université de Northwestern lance Pulseofthetweeters. Sur la plate-forme, les scientifiques proposent de repérer - pour chaque grande tendance ("trend") qui émerge chaque jour sur le site de micro-blogging - les membres du réseau les plus "connaisseurs", qui sont selon les chercheurs les vrais "influents". "Nous cherchons à savoir qui sont les personnes dont les opinions sont les plus intéressantes et les plus relayées sur un sujet déterminé", explique Ramanathan Narayanan, responsable du projet. Et qui ne sont pas forcément celles disposant d'un nombre de "followers" important.
Des applications marketing
L'algorithme développé par les chercheurs combine une analyse du sentiment qui prévaut pour un tweet - positif, neutre ou négatif - avec une analyse sémantique et une analyse des liens entre les internautes sociaux. Un internaute sera plus influent sur un sujet s'il compte parmi ses followers des personnes également intéressées par ce sujet. "Il y a plus de cinquante millions de tweets chaque jour, mais la plupart des personnes présentes sur le réseau n'en lit qu'une dizaine ou une vingtaine à chaque fois qu'elles se connectent", justifie le responsable du projet. L'enjeu étant à terme de permettre à une marque de repérer pour le sujet de son choix les membres de Twitter qui sont les plus pertinents. Concrètement, lorsqu'un internaute se rend sur le site, il accède à la liste des principales tendances de la journée sur Twitter. Il peut cliquer sur l'un de ces sujets pour découvrir en temps réel les membres du réseau les plus compétents.  
Combiner l'indexation automatique avec une analyse humaine
"Il y a de nombreuses applications potentielles, en termes de marketing ou d'e-réputation", admet Sami Jaber, fondateur de DNG Consulting, dans un entretien à L'Atelier. "Mais ces filtres automatiques qui effectuent automatiquement une analyse sémantique des tweets peuvent être trompeurs", nuance-t-il. "Le problème avec ces systèmes, c'est qu'un algorithme favorise toujours le quantitatif au détriment du qualitatif". Difficile en effet de prendre en compte les mécaniques à l'œuvre dans le site de micro-blogging, et de mesurer l'intérêt réel des followers pour une information. "C'est intéressant, mais il faut absolument combiner cela à une analyse humaine, et à des analyses de marché", conclut le spécialiste.

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