Twitter, relais plus qu'initiateur de sujets populaires ?

Par 10 février 2011
Twitter trending topics

C'est le contenu d'un micro-blog qui fait qu'il prendra de l'ampleur sur le réseau, plus que le fait qu'il soit véhiculé par un internaute disposant de beaucoup d'abonnés. Un contenu souvent issu de médias traditionnels.

Quels sont les facteurs qui expliquent la formation et la persistance de sujets dits tendances sur les réseaux sociaux ? Une équipe du Social Computing Lab de chez HP s'est penchée sur la question, en se focalisant sur Twitter. Premier constat : c'est le contenu en lui-même qui est à la source de la tendance. Et ce contenu provient en grande majorité de médias traditionnels. Du coup, notent les scientifiques, la tendance existe déjà mais est mise en valeur par Twitter, qui agit comme un filtre et un amplificateur des sources. La portée étant générée par le nombre de "retweets" qu'un sujet génèrera. Sachant qu'évidemment, l'influence de la personne à l'origine d'une information compte. Mais que celle-ci ne dépend pas de la fréquence de l'activité de l'utilisateur et du nombre de followers qu'il possède. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont utilisé l'API dont se sert Twitter pour déterminer quelles sont les thématiques les plus populaires.

Une popularité courte

Ils ont envoyé une requête toutes les vingt minutes pour identifier les sujets dits tendances sur une période donnée (quarante jours). Puis, pour chacun de ces thèmes, ils ont utilisé une autre API qui extrait tous les messages intégrant certains mots-clés. Cela afin de collecter l'ensemble des tweets sur un sujet, là encore par tranche de vingt minutes. Ils ont obtenu plus de 16 millions de tweets sur 3361 sujets différents. En faisant cela, ils se sont rendus compte qu'un grand nombre de sujets devenus tendances arrêtaient de l'être assez rapidement avant de le redevenir un peu plus tard, quand d'autres personnes s'emparaient de l'information (sur une autre tranche horaire par exemple). Ils se sont aussi penchés sur le fait de savoir si les internautes qui tweetent sur les sujets tendances changent ou s'ils sont souvent les mêmes sur un thème. Résultat : plus un sujet reste longtemps en vogue, plus le nombre de personnes qui le relaient est important.

Des détecteurs et des propagateurs

Ce qui revient à dire que c'est la propagation à travers le réseau qui fait la popularité, et non pas sa récurrence chez un nombre limité de personnes. Autre chose : les chercheurs définissent aussi - sans grande surprise - deux types de personnes qui contribuent à la montée en puissance d'un sujet : ceux qui le détectent sur un média, et ceux qui le propagent. En effet, les chercheurs se sont aperçus que le nombre de personnes à l'origine d'un tweet qui va prendre de l'ampleur sont souvent les mêmes. Chose intéressante, ces individus font en règle générale partie de ceux qui postent fréquemment des messages. Cela sur des sujets très différents. Or peu seulement deviennent tendances. Ce qui confirme le fait que c'est la nature du contenu qui joue un rôle important dans la détermination du succès d'un sujet, plutôt que la popularité de la personne qui en est à la base.

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