Ukraine : la révolution orange est un mouvement high-tech

Par 13 mars 2008
Mots-clés : Digital Working, Europe

En 2004, le parti de Iouchtchenko a amplement bénéficié des opportunités liées aux outils numériques. Retour sur l'impact d'Internet sur le développement de la démocratie ukrainienne.

Comprendre l'influence des nouveaux médias sur la démocratie en Ukraine : c'est l'objet d'un récent rapport du Berkman Center for Internet and Society qui a examiné le rôle joué par Internet et les mobiles durant la Révolution Orange en 2004. "La révolution orange est certainement la première dans l'Histoire à avoir été organisée largement en ligne" observe Michael McFaul, auteur de l'étude. En abaissant le coût de la publication à zéro, Internet a permis la création d'un mass média alternatif. Ce qui a stimulé l'utilisation active des moyens modernes de communication pour le management de la campagne de l'opposition à Ianoukovytch. Ces outils numériques ont été exploités diversement : coordination des activistes via SMS, développement de médias online indépendants, forums de discussion politique et sites relayant les fraudes électorales.
Outils de communication et de coordination
L'Internet et les mobiles ont par ailleurs permis la diffusion de satires politiques : une nouveauté qui a sensibilisé beaucoup d'Ukrainiens en leur rendant la politique accessible. L'usage des nouveaux moyens de communication a surtout tenu un rôle important pour l'immédiateté de l'information. Internet a propagé les informations dans tout le pays tandis que lesSMS ont permis aux activistes de se coordonner plus rapidement. Enfin, certains sites comme Maidan (qui signifie place publique en ukrainien) ont organisé la récolte de fonds via le Net pour financer la campagne de l'opposant Iouchtchenko. Un impact de la Toile d'autant plus surprenant qu'on estime le nombre d'Ukrainiens ayant accès à Internet en 2004 à près de deux millions de personnes, soit à peine 4% de la population. "Afin de toucher une audience plus large, nous devions attirer une cible parmi les plus connectés"explique Andriy Ignatov, l'un des fondateurs de Maidan.
Le portail principal du journalisme d'opposition
Et d'ajouter : "Nous avons ainsi visé les journalistes d'investigation, les avocats des droits de l'homme, des entrepreneurs et des étudiants". Cette stratégie de ciblage des leaders d'opinion semble avoir fonctionné : un fort pourcentage d'internautes, en particulier les moins de trente ans, a aidé à disséminer des informations politiques dissidentes. Cependant, le rapport est loin de tomber dans le cyber-utopisme. L'Internet en lui-même n'est pas suffisant pour créer une organisation activiste : les pro démocrates ont nécessairement besoin de relais dans la réalité. Mais les outils numériques ont indéniablement aidé à la mobilisation et à la sensibilisation  des cyber-citoyens. On peut se demander si l'armada technologique va être de nouveau mis à contribution, alors que l'Ukraine se trouve encore dans la tourmente.

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