Un bouton "do not track" pour protéger les données personnelles en ligne?

Par 28 février 2012
Mots-clés : Smart city, Amériques
cadenas virtuel

Dans une loi sur la protection de la vie privée du citoyen américain sur Internet, la Maison Blanche entend créer un éventail de règles destinées à empêcher les entreprises de faire un mauvais usage de l'information personnelle. Il s'agit d'un problème majeur des utilisateurs du Web qui ont tendance à renforcer leur contrôle sur l'information qu'ils sont prêts à partager.

Avec la généralisation des réseaux sociaux, un nombre croissant d'utilisateurs Web choisissent de limiter l'accès à leur information personnelle à un nombre restreint de personnes. Comme le montre une récente recherche de Pew, la gestion des règles de confidentialité est devenue la norme des utilisateurs des réseaux sociaux : 63% partagent leurs informations sur Facebook avec leurs amis uniquement et 19% les partagent avec un réseau étendu aux amis des amis. Non seulement, ils filtrent l'accès, mais ils gèrent également leur compte en supprimant les commentaires déplacés (44%), en retirant leur nom sur des photos où ils ont été identifiés (37%) et en retirant des personnes de leur liste d'amis (63%). La recherche de Pew montre qu'un nombre croissant d'utilisateurs de Facebook suppriment des amis. Face à la montée de ces préoccupations relatives à la confidentialité, le gouvernement américain a rédigé un projet de loi visant à protéger la vie privée de ses citoyens sur Internet.

Redonner confiance dans les services en ligne

Le projet a pour but de mettre en place un éventail de règles organisant la façon dont les entreprises peuvent utiliser l'information personnelle. Il est sous-tendu par la volonté d'offrir le même niveau de protection sur Internet que dans le monde réel, en empêchant toute intrusion dans la vie privée. Le gouvernement américain est convaincu que la protection de ces données est un élément-clé si on veut maintenir la confiance des consommateurs dans les services en ligne : en établissant un seuil de protection des consommateurs, il entend modifier la façon dont les entreprises Internet exploitent l'information personnelle et rendre le contrôle aux utilisateurs. C'est une réponse directe aux préoccupations exprimées par les consommateurs face à l'explosion des informations disponibles en ligne.

Les acteurs majeurs du Web soutiennent la proposition

La priorité est de permettre aux utilisateurs de décider s'ils veulent, oui ou non, que leur information soit collectée, et d'accroître la transparence sur la façon dont ces données personnelles sont exploitées. Les règles de confidentialité et d'utilisation des données des services en ligne doivent être à la portée de chacun et lui permettre de choisir les données qu'il veut rendre publiques. Google, Yahoo! et Microsoft, par exemple, ont donné leur accord à la mise en place d'un bouton « do not track » permettant aux utilisateurs un contrôle accru de l'information qu'ils partagent. Bien qu'il impose des contraintes importantes, le projet de loi a le soutien de la majorité des entreprises Internet, y compris Google, qui vient d'adapter sa politique, il y a quelques semaines, pour augmenter la transparence de ses services. 

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