Un cloud interne utilise les ressources de l'entreprise en grille

Par 01 mars 2010
Mots-clés : Digital Working, Europe

Pour utiliser à plein le potentiel des ordinateurs d'une société, des chercheurs britanniques et écossais proposent un système qui partage les ressources informatiques entre les PC d'une organisation.

"Nous cherchions un moyen d’exploiter les ressources informatiques inutilisées au sein d’une organisation", explique à L’Atelier Graham Kirby de l’université de St Andrews. Avec d’autres collègues de la faculté et un chercheur de l’université de Manchester, il propose un système à la frontière entre l’informatique dans les nuages et le grid computing. Baptisé "ad hoc cloud", l’architecture qu’ils détaillent dans un rapport permet de partager les ressources informatiques directement entre les différents ordinateurs d’une organisation. Le cloud, ou du moins son équivalent dans le système proposé, est divisé en plusieurs "cloudlets". Chacun d’entre eux contient une application ou un service particulier, par exemple rendus accessibles via un service web.
Allouer uniquement les ressources utilisées
"L’idée est de faire fonctionner ces cloudlets dans un environnement de machines dynamique", explique Graham Kirby. "Un ordinateur donné peut héberger une partie d’un cloudlet ou plusieurs d’entre eux". Pour cela, il faudra au préalable installer un logiciel sur l’ensemble des ordinateurs participants. "Pour ne pas perturber le bon fonctionnement de l’ordinateur pour son utilisateur habituel, le logiciel évaluera les besoins de l’unité centrale", explique le chercheur écossais. Ce qui signifie que seules les ressources non utilisées seront allouées au cloudlet. L’infrastructure contient un système de courtier qui évalue et distribue en permanence les besoins et les ressources disponibles. Le chercheur reconnaît que cette gestion est la partie la plus difficile à réaliser.
Garder le contrôle de ses données
"Il faut que le système se contrôle tout seul, qu’il construise différents modèles pour prédire la demande et prendre les bonnes décisions en conséquence". Sans quoi, la qualité du service risque d’en pâtir sévèrement. Pourtant, un tel système aurait deux avantages conséquents pour les entreprises. "Cela reste à démontrer, mais on peut s’attendre à ce que le coût d’un tel système soit inférieur à celui de services de cloud computing traditionnels", explique Graham Kirby. Par ailleurs, cela permet de garder en interne l’ensemble des données échangées. Un atout non négligeable quand on sait que beaucoup d’entreprises se montrent encore réticentes à confier la gestion et la conservation de données sensibles à des prestataires extérieures.

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