Un implant visuel propose aux aveugles de ne pas sentir, mais de voir

Par 27 novembre 2012
Mots-clés : Argus II, essai, étude, patient, rétine
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Quand les patients aveugles devraient "voir" des mots grâce à une stimulation de leur rétine.

La science et sa recherche permanente ne nous laissent presque jamais tomber. En tout cas, elle essaye toujours de chercher une solution. Cette fois-ci, les gens qui souffrent d’une déficience visuelle peuvent aussi compter sur elle.

Des chercheurs français et américains de la société Second Sight, ont développé l'amélioration d’un dispositif qui existait déjà: l'Argus II.

Argus II est un système de prothèse rétinienne, qui permet, pour la première fois de transmettre des modèles d’écriture en braille directement sur la rétine d’un patient aveugle, tout en restaurant une vision partielle à des patients atteints de cécité à la suite d’une rétinite pigmentaire.

Comment ont-ils réussi un tel exploit ?

Alors, une petite caméra a été fixée à une paire de lunettes qui transmet les images vidéo capturées par un processeur placé dans la poche ou à la ceinture du patient. Il convertit alors les signaux lumineux en signaux électriques. Après les avoir traités, l’appareil envoiedes petites impulsions électriques par une transmission sans fil vers un faisceau d’électrodes apposé sur la rétine. Ces impulsions stimulent ensuite les cellules restantes de la rétine, ce qui entraîne des perceptions lumineuses dans le cerveau. Les patients apprennent alors à interpréter ces perceptions lumineuses et acquièrent ainsi une certaine forme de vision utile.

Dur à comprendre ? En tout cas, ce qui compte c’est que grâce à cette innovation, les gensatteints de déficience visuelle auront la possibilité d’avoir un appareil qui leur permettra de détecter et de lire avec plus de précision.

Thomas Lauritzen, chercheur de Second Sight Medical Products, explique à L’Atelier : "Le dernier essai clinique sur un patient a été réalisé avec un implant Argus II, mais nous avons testé un nouveau type de stimuli en braille. Il est important de savoir que la plupart des patients peuvent déjà lire un texte ordinaire, ce qui est un exploit en soi, mais avec cette nouvelle méthode la vitesse de lecture passe d’une dizaine de secondes par lettre à moins d’une seconde. Donc, il y aura des implications pratiques d’utilisabilité. Si nous mettons à jour le logiciel sur l'Argus II, on pourra utiliser l'amélioration qui vient d'être mise au point".

Nous parlions, il y a quelques mois, de l'initiative mise au point par une équipe de scientifiques de l’Université Carlos III de Madrid (UC3M). Ils proposaient alors une paire des lunettes qui filme l’environnement et le projette avec des variations de couleurs sur une partie des verres. Eux n'étaient ni les premiers ni les derniers à s'y essayer.

L’étude publiée dans « Frontiers in Neuroprosthetic » note que cet essai clinique stimule directement la rétine sans avoir la nécessité de sentir avant le système de lecture braille sur le bout des doigts. L’étude montre aussi comment l'Argus II est adapté pour fournir une méthode de lecture du texte alternative et potentiellement, plus rapide avec l'ajout d'un logiciel de reconnaissance des lettres. Le patient peut donc directement voir les modèles projetés et lire ainsi les lettres individuellement en moins d’une seconde avec une précision à 89%.

Quand on voit avec quelle vitesse avance la recherche sur le sujet, on peut espérer que d'ici quelques années, la plupart des pathologies trouveront résolution ou une aide adaptée. Malheureusement, il n'est pas possible de prétendre que tout soit curable. L'évolution des technologies peut nous faire rêver et parfois rendre ces songes, réels.

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