Un succès discret pour le cloud computing en 2010 ?

Par 05 février 2010
Mots-clés : Smart city

L'informatique dans les nuages connaîtra une adoption conséquente, mais pas le triomphe annoncé, prédit Deloitte. La raison : des inquiétudes liées à la portabilité et à la sécurité des données.

L’année à venir verra le cloud computing s'imposer. Mais les solutions dites dans les nuages ne devraient pas connaître le triomphe général qu’on a pu lui prophétiser. Voilà ce qu'annonce Deloitte, qui présentait ce matin les enjeux 2010 dans les secteurs des Technologies, des Médias et de la Communication. Une situation due notamment à la question de la portabilité des données. "Savoir qui possède les informations et où elles sont stockées est un vrai problème", explique à L’Atelier Duncan Stewart, directeur de Deloitte Research. Tant que celui-ci ne sera pas résolu, l’informatique dans les nuages restera destinée au grand public et aux PME. Autre raison : la rémanence d'inquiétudes liées à la sécurité et la fiabilité de ces nuages. "Ces peurs tiennent plus de la perception que de la réalité", nuance-t-il. "Le cloud n’est pas fiable à 100 %, c’est vrai, mais les réseaux des entreprises ne le sont pas non plus".
La recherche mobile au coeur des préoccupations
Et d’après lui, les compagnies peuvent très bien s’accommoder de cet état de fait, surtout si les économies sont importantes. Parmi la vingtaine de prédictions réalisées par le cabinet, il faut en noter une autre : selon Deloitte, les moteurs de recherche vont essayer de casser le quasi monopole de Google sur l’Internet mobile. D’après le cabinet, la bataille se situera sur ce terrain plus que sur celui qui oppose les différents systèmes d’exploitation. "C’est un marché important parce que la publicité marche beaucoup mieux sur le web mobile", explique Duncan Stewart. "Par ailleurs, la recherche sur téléphone est additive". Autrement dit, en situation de mobilité on effectue beaucoup plus de recherches que l’on en ferait s’il fallait utiliser un ordinateur. A l’heure actuelle, le marché est dominé par Google, avec 97 % de parts de marché.
Tablettes Internet 1 – e-readers 0
Malgré des millions de dollars dépensés pour contrecarrer cette domination, la concurrence peine à changer la donne. Une situation qui devrait perdurer en 2010. Autre prédiction intéressante du cabinet : les e-readers ne connaîtront pas le succès qu’on leur avait prédit. Ce type d’appareil est et restera un produit de niche. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, comme l’impossibilité d’afficher de la couleur ou la lenteur d’affichage qui rend cet appareil incompatible avec tout autre usage (vidéo, jeu, navigation Internet...). Les tablettes Internet, en revanche, devraient connaître un important succès et ce dès cette année. L’iPad d’Apple, certainement, mais pas uniquement. "Toutes marques confondues, les ventes devraient s’élever à plusieurs dizaines de millions d’unités", affirme le directeur canadien. Une chance pour le secteur de la presse qui pourrait trouver là une manière de mettre son contenu en valeur, en tout cas en ce qui concerne les magazines.

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