Un système de refroidissement interne rend le microprocesseur écolo

Par 18 décembre 2009

Deux instituts de recherche travaillent sur un microprocesseur 3D qui intègre un système de refroidissement. Ce qui lui permettra d'être aussi performant que ses équivalents tout en réduisant sa consommation électrique.

Pour rendre les ordinateurs plus performants et moins énergivores, l'EPFL et l'ETH Zurich travaillent sur un microprocesseur 3D doté d'un système de refroidissement interne. Ce qui lui permet de réduire la consommation électrique nécessaire à son fonctionnement tout en continuant à décupler les capacités de calcul des superordinateurs. Ce microprocesseur sera capable de se refroidir de l'intérieur grâce à des fils pas plus épais qu'un cheveu et contenant un liquide refroidissant. L'intérêt d'un tel système au niveau environnemental ? "Aux Etats-Unis, les centres de données consomment déjà 2 % de l'électricité disponible", explique John Thome, de l'EPFL. "Si l'on prend en compte le fait que la consommation a doublé en cinq ans, on peut penser que si on ne fait rien, les superordinateurs de 2100 devraient théoriquement utiliser la totalité de l'énergie disponible dans le pays".
Un fonctionnement circulaire
Techniquement, le système utilisera des fils qui ne dépasseront pas les 50 microns de diamètre et qui seront insérés entre chaque couche. Le liquide qu'ils contiennent sera évacué sous forme de vapeur. Il retournera à l'état liquide via un condensateur et réintègrera le circuit grâce à une micro-pompe. Le processeur en lui-même est basé sur le principe du multi-cœur. Sauf qu'ici les "cœurs" sont empilés de manière verticale plutôt que placés côte à côte. D'où l'appellation de 3D. L'avantage, c'est que la totalité de la surface du "cœur" peut désormais être connectée à la couche principale, ce qui laisse espérer entre cent et dix mille connexions par millimètre carré.
Un prototype pour l'année prochaine
Selon les chercheurs, c'est cela qui assurera un transfert de données dix fois plus rapide. La réduction de la consommation d'énergie et de la chaleur dégagée étant assurée par le système de refroidissement intégré. Un prototype du système de refroidissement sera testé l'année prochaine. Selon l'équipe, les premiers microprocesseurs seront intégrés en 2015 à des superordinateurs. Leur version comprenant un système de refroidissement intégré sera disponible aux alentours de 2020. IBM vient de rejoindre le programme.

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