Un tweet peut-il révéler le psychopathe qui dort ?

Par 05 juillet 2012
Twitter

Est-il possible de déterminer les tendances psychopathes d'un individu à partir de sa façon de tweeter? C'est en tout cas le lien que tentent d'établir deux organisations, la Online Privacy Fondation et la plate-forme de statistiques en ligne Kaggle.

L'expérience, appelée Twitter Big 5, s'appuie sur des recherches menées l'année dernière par la Online Privacy Fondation. Cette expérience portait  sur Facebook et la personnalité de ses utilisateurs. Le postulat était de dire que Facebook apparaissait comme un outil permettant de prédire les actions de ses usagers. 

Le lien étant encore trop faible pour être fiable, les chercheurs se sont donc tournés vers un autre média social, Twitter, celui-ci étant plus ouvert que Facebook, dont on peut facilement interdire l'accès à des sources extérieures. L'expérience s'appuie aussi sur l'étude menée par le professeur Jeffrey Hancock, qui a démontré qu'il existe un lien entre psychopathie et langage.

Le Twitter Big 5 a été mis au point par la plate-forme Kaggle. Le site web spécialiste du crowdsourcing scientifique a ouvert un concours en ligne où les chercheurs étaient invités à développer des algorithmes prédictifs utilisant des données issues de près de 3 millions de tweets et des personnalités de leurs propriétaires. 

Les données anonymes comprennent près de 337 variables telles que la fréquence à laquelle tweet la personne, le nombre de retweets qu'elle fait ou bien encore les spécificités linguistiques qui tous, toujours selon l'étude de Hancock, peuvent aider à déterminer les traits de personnalité d'un individu. La compétition en ligne entre chercheurs a débuté le 15 mai et se terminera le 29 juin. Plus de 100 équipes y ont pris part en soumettant près de 1000 possibilités. 

Si le lien est fait entre réseaux sociaux et découverte de psychopathie est établi, les chercheurs espèrent chambouler les débats sur la santé mentale et la sécurité des données sur Twitter et cie. Cependant, même si les données mises en évidence par les chercheurs montraient une certaine fiabilité, il serait toujours question de libre-arbitre. En effet, si une personne agit de telle ou telle manière sur les réseaux sociaux, il n'est pas certain que dans la vraie vie il s'agisse d'un serial killer. Bon nombre d'internautes se sentent pousser des ailes lorsqu'ils sont devant leur ordinateur et se laissent aller à une certaine liberté. Loin de moi l'envie de pardonner leur attitude, mais il est clair que condamner une personne pour sa manière de twitter et lui coller une étiquette de psychopathe met un frein à la libre expression derrière un clavier...

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