Un bon wiki cajole ses gros contributeurs

Par 06 novembre 2007

L'étude des modifications sur Wikipédia démontre qu'il suffit d'un très petit nombre de participants pour animer un système de publication collaboratif. Quant aux écrits malintentionnés, ils peuvent être écartés avec des robots logiciels affûtés.

(cliquez pour agrandir)Pour une entreprise qui vient de mettre en place un système de publication collaboratif (wiki), il est normal de désirer que les contributions soient nombreuses et qu'elles soient et restent de qualité. Pour cela, il y a plusieurs règles : mettre en valeur les plus gros contributeurs, déployer des systèmes, outils et interfaces pour que de nouveaux membres puissent facilement contribuer, et utiliser massivement des robots anti-vandalisme. Ceux-ci ne devant se concentrer que sur les formes de modifications les plus pernicieuses. Car les robots doivent détecter, et non décider des corrections. C'est en tous cas ce que préconisent des chercheurs de l'université du Minnesota dans un rapport baptisé "Creating, Destroying, and Restoring Value in Wikipedia". En étudiant l'encyclopédie en ligne, ils désiraient mesurer l'impact des modifications apportées aux articles publiés ainsi que le nombre de contributions par membre.
0,1% des membres contribue pour moitié !
Pour le premier paramètre, ils ont utilisé une valeur baptisée visualisation de mots persistants (persistent word views, PWV). Elle permet de calculer le nombre de fois ou tout mot introduit lors d'une édition d'un article sur l'encyclopédie en ligne a été vu. Après analyse de 4,2 millions d'éditeurs et de 58 millions de contributions, il ressort que 10% des plus gros contributeurs en terme de publication contribuent pour 86% des PWV. Et si l'on s'intéresse au 0,1% des membres qui produisent le plus, ils contribuent eux pour presque moitié (44%) aux Persistent Word Views. Quant au numéro 1, connu sous le nom de Maveric149, il a donné 0,5% de toutes les visualisations de mots persistants, avec ses 41 000 actions sur 18 000 articles. Cette domination d'un petit nombre sur le contenu s'accentuerait au cours du temps.
Les outrages ont un impact fort
L'étude du second paramètre - l'effet des modifications malignes - est porteuse d'enseignements. Selon l'étude, 42 % des détériorations de valeur sont réparées en une vue. C'est-à-dire qu'elles n'ont pas d'impact. Mais plus de 10 % des cas persistent après cent visualisations et 0,06 % sont encore là après avoir été vues plus de dix mille fois. L'analyse a également porté sur les différents types d'atteinte aux publications : désinformation (changement de date, insertion d'une négation), destruction entière de l'article, destruction partielle, spam, non-sens, et outrages. La destruction totale et le non-sens ont un impact bas. Le spam et la destruction partielle sont moins neutres en terme d'effet. Mais c'est les outrages – plus d'un quart des incidents relevés - qui ont le plus d'impact en terme de réputation pour Wikipédia et de fréquentation. Même si la désinformation - un cinquième des incidents - est plus pernicieuse.
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