Une bactérie dessine l'électronique de demain

Par 11 janvier 2008

Un processus naturel permet d'obtenir des nanotubes conducteurs d'électricité et de lumière à partir d'une espèce particulière de micro-organismes vivants.

Une bactérie pourrait révolutionner l'industrie des semi-conducteurs. Un groupe de chercheurs international vient de mettre au jour la capacité de la bactérie Shewanella à former des nanotubes de sulfite d'arsenic, conducteurs d'électricité et de lumière. Ces particules, issues d'un phénomène purement biologique, se comporteraient comme des métaux dotés de ces mêmes propriétés. Cette découverte pourrait être à l'origine de nouvelles applications dans les domaines de la nanoélectronique et de l'optoélectronique (discipline au croisement de l'optique et de l'électronique qui a notamment permis le développement de la fibre optique).
Quand des bactéries font l'électronique
Les chercheurs de la University of Minnesota évoquent déjà la contribution de telles particules dans la fabrication de cellules solaires, de biocapteurs et surtout de composants électroniques pour l'industrie des semi-conducteurs. "Ce qui est remarquable c'est le fait que ces nanotubes, engendrés par un processus biologique, puissent nous permettre de développer de nouveaux appareils à base de semi-conducteurs qui ne pourraient pas l'être autrement", a déclaré Michael Sadowsky, l'un des contributeurs à ces recherches. Ces particules ne sont effectivement pas conductrices d'électricité à leur formation. Elles acquièrent cette propriété à l'issue d'un processus naturel de quelques jours.
Une industrie des semi-conducteurs écologique
Les avantages de ce "processus de fabrication" biologique pourraient être important d'un point de vue écologique, souligne les universitaires. Selon Nosang V. Myung, professeur associé au projet : "les appareils qui font notre quotidien se basent sur des procédés industriels chimiques énergivores et qui laissent derrières eux de nombreuses matières et métaux toxiques. Un mouvement visant à mettre au point des processus de fabrication plus respectueux de l'environnement émerge au sein de la communauté de l'ingénierie". Prochain objectif de ces recherches : réduire la taille de ces nanotubes, les rendre plus uniformes et éventuellement leur trouver de nouvelles propriétés exploitables. 

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