Une table c'est aussi une interface utilisateur hautement intuitive

Par 18 août 2008

Avec le produit de l'autrichien Kommertz, la manipulation d'éléments complexes d'un environnement virtuel en 3D se fait simplement avec des objets concrets sur une surface plane.

L'autrichien Kommertz a présenté la semaine dernière au Siggraph une interface utilisateur sous la forme d’une table. Avec MRI (Mixed Reality Interface, ou interface à réalité mixte), on manipule à la main des objets concrets très simples qui représentent des objets virtuels éventuellement très complexes, ainsi que l’œil qui regarde la scène. L’utilisateur manipule directement des objets physiques représentant les objets virtuels, en les plaçant, en les tournant ou en les retirant de la surface de travail. Un objet particulier représente l’utilisateur : il indique sous quel angle et à quelle distance est regardée la scène que l’on voit à l’écran. Si on retire ce dernier de la surface de travail, on passe automatiquement à une vue aérienne. D’autres objets de contrôle permettent la sélection d’actions, par exemple la création d’un nouvel objet ou le changement des propriétés d’un objet existant. Pour ce faire, les choix sont projetés sur la table autour de l’objet de contrôle. Il suffit de le tourner pour faire sa sélection puis d’appuyer dessus pour la valider.
L'utilisateur procède par manipulation directe d'objets à la main
Les objets de contrôle ne sont bien entendu pas affichés dans l’espace virtuel à l’écran. Ils n’ont besoin d’être placés sur la surface de travail que le temps d’effectuer une action. Ce type d’interface est parfait pour des applications variées, par exemple dans le domaine de l’immobilier, ou tout simplement pour réaliser des présentations en trois dimensions. Les objets peuvent en effet inclure divers types de contenu riche, que l’on sélectionne d’un simple clic dans le navigateur de fichiers. On peut concevoir un tableau contenant une image, un panneau avec un graphique, on encore un écran, voire un mur entier, avec une vidéo. Celle-ci se déclenche lorsque l’utilisateur s’en rapproche suffisamment dans l’espace virtuel, et il peut éventuellement la mettre en plein écran - sur l’écran réel.
Une grande variété d'applications est envisageable
De par son côté très intuitif, cette interface convient particulièrement à un public non familiarisé avec les outils informatiques. Elle permet également le travail collaboratif, le cas échéant entre utilisateurs distants. L’interface MRI se monte à l’intérieur d’un bloc en forme de table avec une surface de navigation en verre dépoli d’une taille de 45 par 60 cm à 60 par 80 cm. Le bloc héberge une caméra, un projecteur et un ordinateur. L’interface se décline également en version portable qui n’inclut pas d’ordinateur et nécessite en conséquence la présence d’un logiciel sur le PC de l’utilisateur, auquel elle est reliée via un double connecteur USB. Ce PC peut tout à fait être celui qui héberge l’application qui exploite l’interface MRI. Ces systèmes MRI permettent d’observer en temps réel la position et le mouvement des objets positionnés sur la table. Tout objet qui tient debout et comporte une base plate suffisamment grande pour positionner l’étiquette du marqueur fait l’affaire : dans la démonstration faite au Siggraph, un canard en plastique représentait une voiture. L’interface MRI est d’ores et déjà commercialisée.

Annabelle Bouard, envoyé spécial de L'Atelier à Los Angeles

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