Une technologie, même propre, induit des comportements polluants

Par 25 février 2009
Mots-clés : Smart city

Les technologies de l'information et de la communication sont perçues par le grand public comme peu polluantes. Une image qui ne prend pas en compte les comportements induits par ces dernières.

Contrairement à l'idée populaire, les technologies de l'information et de la communication ne sont pas forcément environnementalement respectables. Pas plus que celles dites vertes et qui ne réduisent pas nécessairement notre impact environnemental, constate Richard Hawkins, chercheur canadien en Science, Technologie et Politique d'Innovation. Pire, elles provoquent des habitudes de consommations qui contrecarrent un potentiel effet écologique, soulignent le scientifique dans une étude sur l'empreinte environnementale des nouvelles technologies. Il y rappelle que les technologies sont souvent considérées comme propres. Raison : "pour beaucoup, elles n'ont peu ou pas de dimension matérielle, ce qui fait qu'elles peuvent être perçues comme ayant un impact environnemental minimum". Un constat doublement valable pour les technologies dites green. Pourtant la réalité est plus complexe.
Une étude à l'encontre des idées reçues
Ces technologies provoquent en effet des effets rebonds."Les technologies de la communication aussi bien que les Green IT contribuent ou renforcent des activités qui ont des effets négatifs sur l'environnement". Par exemple le téléphone portable ne pollue pas mais il encourage notre pollution mobile (voiture, avion) en nous rendant encore plus mouvant. Le problème n'est donc d'après lui pas de connaître le degré d'émission directe ou indirecte d'une technologie. Il est de savoir si elle est utilisée de façon si intensive que ses effets positifs en deviennent caducs. Autre chose : un certain nombre d'utilisateurs se ruent sur une technologie présentée comme verte par ses concepteurs. Or certaines n'ont d'écologique que le nom. "C'est un outil marketing important" précise le chercheur.
Des progrès constants
Rien de désespérant cependant : les constructeurs, éditeurs et autres professionnels commencent à faire de réels efforts. A l'occasion de son Research TechFest 2009, Microsoft a ainsi présenté deux projets de datacenters. Ces derniers se focalisent sur la diminution de la consommation énergétique. L'un permet aux serveurs inoccupés de passer en basse puissance tout en conservant leur temps de réponse. L'autre intègre des processeurs à basse puissance. Des tests sont en cours afin de voir s'ils sont capables de traiter un grand nombre de données indépendantes. Condition indispensable au fonctionnement d'un site Internet.

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