Les universités sont de plus en plus impliquées dans l'innovation

Par 26 juillet 2012
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Depuis les années 1980, les universités développent de plus en plus de brevets. Mais de manière inégale. L'Europe dont la part de brevets n'est pas la plus importante, a néanmoins un impact non négligeable.

Depuis une trentaine d'années, la part des brevets provenant d'universités a presque doublé dans le monde. Et en effet, représentant moins de 1% de l'ensemble des brevets dans les années 1980, les brevets issus d'établissements universitaires atteignaient plus de 2% dans les années 1990 et finalement 2,66% en 2007. Mais la présence de ces brevets est inégalitaire, comme le montre une étude menée par des chercheurs de l'Université Catholique de Louvain qui étudie la base de données du bureau européen des brevets. D'abord, du point de vue du domaine dans lequel ils s'inscrivirent. On remarque ainsi que la grande majorité des brevets regardent "la pharmaceutique et la cosmétique" (40%) avec 11 191 brevets universitaires déposés entre 1980 et 2000. Ce nombre tombe alors à 4 137 pour les brevets de la catégorie "mesure et contrôle", suivie par "la chimie basique, la peinture, le savon et les produits pétroliers" (2846) et "l'équipement médical" (2425). De la même façon, la répartition des brevets universitaires est inégalement répartie entre les pays.

Des inégalités entre les pays

Et pour cause, 68% d'entre eux proviennent des États-Unis, alors que l'Europe des 15 ne représente que 21,15% de l'ensemble. A l'intérieur de cette Europe, on retrouve d'ailleurs des inégalités. Ainsi, si la Grande Bretagne compte 1 813 brevets universitaires sur la période, la France en compte 455, l'Allemagne 278 et l'Italie 101. Loin de ne chercher à comparer le nombre de brevets déposés par ces établissements, l'étude cherche également à en comprendre l'utilisation ainsi que l'impact. Cet impact est calculé en fonction du nombre de fois où un brevet d'université est cité par un brevet d'entreprise. On note alors que la part de brevets universitaires cités est inférieure à celle des brevets d'entreprises, alors que le nombre de citation par brevet (impact) est à peu près semblable. Ainsi, dans la catégorie "Pharmaceutique et cosmétique", les brevets universitaires cités représentent 13,14% de l'ensemble, contre 53% pour les brevets issus d'entreprises. En revanche, l'impact est de 6,08 pour les universités contre 5,85 pour les entreprises.

Le  cas de l'Europe

Un constat qui ne se vérifie pas partout de la même façon. On note ainsi que la part des États-Unis dans l'ensemble des citations d'entreprises reçues par les brevets universitaires est inférieure à la part de brevets qui en proviennent  (66,8% contre 68% précédemment cités) alors que la part de l'Europe des 15 atteint 28%, bien qu'elle représente moins en nombre de brevets déposés (21,15% précédemment cités). De cette façon, les brevets européens demeurent, malgré leur nombre inférieur, plus propices à être cités que les brevets américains. Néanmoins, les États-Unis gardent la tête lorsqu'il s'agit du nombre de fois où le brevet est cité (impact), avec une moyenne de 6,03 contre 3,74 en Europe (à noter que la Belgique atteint 5,17). Mais l'Europe reprend la tête lorsqu'il s'agit de l'index de l'intensité de citation, à savoir la part d'un pays dans les citations d'entreprises reçues par des brevets universitaires relativement à leur part de brevets d'universités, où elle atteint 1,08 contre 0,98 pour les États-Unis.

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