US : la sécurisation des données médicales en question ?

Par 20 juillet 2010

Avant la numérisation généralisée des données médicales, les acteurs de la santé américaine vont devoir travailler à leur sécurisation. L'université de Dartmouth dresse le bilan des défis à relever.

D'ici 2014, le gouvernement américain prévoit une adoption à large échelle du dossier médical personnel. Cette mesure, qui permettrait d'économiser près de 80 milliards de dollars chaque année requiert encore des améliorations au niveau de la sécurité et de la préservation des données personnelles, affirme une équipe de l'université de Dartmouth. "L'adoption d'un outil de mémorisation des données va consolider l'échange d'informations entre patients, médecins et assureurs", indique Ajit Appari, l'un des chercheurs. Qui ajoute : "mais sans une sécurisation de l'information, la vie privée des malades sera sérieusement endommagée tout comme la réputation de l'industrie médicale". Et d'expliquer que l'absence de mesures adéquates a entraîné ces dernières années des brèches telles que le partage sur des sites de santé d'informations privées sans autorisation.
Garantir l'opacité des données du patient
Autre point relevé par les scientifiques : les menaces concernant la vie privée des patients viennent avant tout de la gestion de l'information médicale en interne. Outre les dangers concernant la vie privée, le rapport alerte aussi sur ceux financiers. "Les organisations spécialisées dans la fraude médicale et la vente de médicaments risquent de s'accroître", précise l'équipe de chercheurs. D'après leur étude, la fraude médicale aux Etats-Unis atteint d'ores et déjà 10% de l'ensemble des dépenses de santé. Résultat : l'équipe de chercheurs invite les organisations concernées à faire évoluer leur politique de sécurité. Mais aussi à investir dans des systèmes de sécurisation de données - programme de contrôle d'accès, de détection d'intrusion, etc.
Réduire les erreurs et satisfaire les patients
Le but est aussi d'améliorer la collecte et la mise en commun des données afin de pallier l'inadéquation des informations conduisant à des erreurs de pronostics. "Les chances sont grandes pour que les organisations qui fournissent des systèmes mobiles de soins à distance réalisent des bénéfices en terme de réduction d'erreur et de satisfaction de leur clientèle", précise le chercheur. A noter : l'équipe de recherche reconnaît qu'au cours des cinq dernières années, le secteur médical a développé des solutions de sécurité comme la "pseudonymisation" (soit le remplacement d'un nom par un pseudonyme) qui garantit l’opacité de l'identification des patients dans les bases de données.

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