Les usages du livre numérique en mode social restent à développer

Par 25 janvier 2012 Laisser un commentaire
livres connectés

Le portail brésilien d'e-commerce Submarino et le site social de livres numériques Copia se sont associés pour créer une plate-forme communautaire autour de la lecture. Un concept qui reste encore à affiner.

 

Un réseau social basé sur la consommation de produits culturels ? Voilà ce que souhaite réaliser le portail brésilien d’e-commerce Submarino. Celui-ci a lancé le 12 janvier un site communautaire conçu en partenariat avec Copia, une application d’achat de livres dématérialisés (pour ordinateur, smartphones, tablettes numériques, liseuses). La plate-forme permet d’annoter, de signaler et de partager des contenus au sein d’un réseau d’utilisateurs. Copia et Submarino adaptent donc ce concept de “social content” spécifiquement au marché brésilien. Submarino Digital Club a été conçu en marque blanche avec des équipes locales de Copia. On retrouve l’allure générale de Submarino avec les fonctions de prises de notes, de chat, d’échanges, de surlignage numérique de Copia.

Une plate-forme en marque blanche

Cette initiative rappelle le fait que le concept du “social content”, ou “lecture sociale” est en vogue. Amazon (avec @author) et Barnes&Noble (avec Titatok et Pubit ) s’y essaient déjà, des plates-formes comme Inkling.com ou Subtext.com y sont consacrées. Mais pour Clément Monjou, responsable du site eBouquin.fr, si le principe est intéressant, il reste actuellement limité : “Force est de constater la pauvreté des usages actuels, notamment en raison du manque d'ergonomie des fonctions proposées”, explique t-il à L’Atelier. Et d’ajouter : “Il existe encore une barrière entre l'acte de lecture et l'acte d'annoter”. Autre problème : la tentative de créer un système universel, uniforme, d’annotation. Or : “L'annotation est une concrétisation de la pensée, une marque du corps du lecteur sur le texte. Difficile de réduire la note à une fonction de surlignage (avec ses variantes de couleurs) ou à un partage sur Facebook ou Twitter”. 

Besoin de fonctions non-propriétaires

On en resterait pour l’heure à l’aspect marketing, sans véritable réflexion sur les pratiques, avec des fonctions pas assez ouvertes techniquement. Copia, d’ailleurs, propose une interface propriétaire. Les fonctions “sociales” peuvent-elles alors incarner l’avenir de la lecture numérique ? “Pour certains lecteurs sûrement”, concède le responsable. “D'autres ne les utiliseront même pas, tandis que quelques lecteurs seront frustrés par la rigidité des cadres imposés pour annoter leur contenu”. Tout est cependant loin d’être insatisfaisant : “Readmill tente d'ébaucher une API (interface de programmation ndlr) autour de ces pratiques, avec beaucoup d'intelligence, mais beaucoup d'autres startup partent surfer sur cette vague”, note-t-il. “Ouvrir l'annotation et structurer son architecture sur des fonctions non propriétaires, donc détachées des écosystèmes de lecture, est un enjeu majeur, mais qui manque malheureusement de partisans”. Le Submarino Digital Club a été présenté pour la première fois en septembre 2011, à l’occasion de la quinzième biennale du livre à Rio de Janeiro.

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