Chaque utilisateur de mobile est un informateur potentiel

Par 12 juillet 2011
Smartphone

Pour obtenir d'éventuels indices sur une situation comme une disparition, Théia propose d'accéder aux photos prises par des individus avec leur téléphone et de voir si l'image ne contient pas d'éléments exploitables.

Comment les services de sécurité peuvent-ils tirer profit des informations présentes sur les milliers de photos stockées dans les smartphones ? Voilà la question qu’ont soulevée des chercheurs américains de l’université de Rice, en pointant du doigt le fait que les smartphones, qui contiennent de nombreuses photos prises par leurs utilisateurs - notamment dans des lieux publics - peuvent se révéler une source importante d'information. Dans le cas où un enfant se perd dans un parc d’attraction par exemple, il peut être important de répertorier des photos - pourtant prises par des inconnus -, mais où cet enfant apparaît involontairement en arrière plan. L’équipe de recherche a donc créé Theia, une solution capable de détecter et de répertorier ces images et qui s’articule selon trois étapes et au moyen de trois plates-formes différentes.

Cerner les objets...

Une partie est le logiciel Theia installé sur ordinateur. L’autre partie est un serveur, soit une base de données hébergée dans les nuages, et la troisième est l’application installée dans le mobile. Les informations relatives à une situation donnée, par exemple la disparition d’un enfant, sont envoyées tout d’abord au serveur. Ce dernier reçoit des requêtes, de l’ordre de l’heure, de la date, mais aussi des informations visuelles : couleur des vêtements etc. Connecté aux mobiles, le serveur peut ensuite envoyer ces requêtes aux smartphones les plus susceptibles de contenir des informations correspondantes –en fonction de la localisation, et de l’heure à laquelle le combiné aurait pu prendre des photos. Ensuite, selon ces requêtes, le téléphone se charge de faire le tri dans les photos qui pourraient correspondre, en fonction des informations spatio-temporelles mais aussi de la reconnaissance d’image. Une fois ce tri opéré, les photos les plus susceptibles de correspondre aux requêtes sont envoyées à la base de donnée du logiciel sur ordinateur où un utilisateur analyse le contenu des images.

...En réduisant les coûts

Les photos sont donc déterminantes pour trois choses essentielles : leur localisation, l’heure à laquelle elles ont été prises, et leur contenu. Une solution pour aider les entreprises dédiées à la surveillance des lieux publics, ou encore les policiers à faire leur travail. Pour que le système fonctionne, la capacité énergétique des smartphones soulève tout de même des problématiques. Etant donné que ces outils ont des capacités de stockage limitées, la solution Theia s’applique à contrôler le coût et la performance de la recherche de ces images. Voilà pourquoi cette solution est hébergée selon trois plateformes : ceci divise en effet au maximum les besoins énergétiques de la batterie que la détection de ces photos sur les smartphones implique pour la connexion. Soit une réduction de l’énergie consommée par la batterie qui représente entre 55 et 81 %. Chose importante : pour accéder aux données des utilisateurs, il faut évidemment que ces derniers aient accepté de participer à l'opération.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas