Utiliser des réseaux non protégés = délit ?

Par 19 août 2009

L'objectif gouvernemental d'installer le haut débit dans toutes les maisons ne sera pas atteint, avec la législation actuelle.

Les lois destinées à limiter l'utilisation frauduleuse de connexions WiFi freinent la popularisation du haut débit mobile. C'est en tout cas ce qu'avancent les chercheurs britanniques de l'Université d'East Anglia, qui ont étudié la législation du Royaume-Uni, mais aussi celles des Etats-Unis et de certains pays d'Europe. Aujourd'hui, la loi réprime toute utilisation des réseaux non protégés sans permission préalable du propriétaire. Ceci dans le but de protéger sa connexion contre le piratage de données et limiter la fraude informatique. Les responsables de l'étude avancent cependant que cette législation n'est plus d'actualité.
transgresser la loi sans le savoir
Selon les éditeurs, beaucoup d'utilisateurs du WiFi ne sécurisent pas leur réseau : soit par choix délibéré, soit par indifférence, c'est-à-dire en acceptant les paramètres configurés par défaut. Sachant que certains appareils comme l’iPhone se connectent aux réseaux disponibles passant sans prévenir du réseau mobile au WiFi. Une grande partie d'utilisateurs se connecte donc aux réseaux ouverts d'une manière régulière. Sans oublier que de nombreux internautes avertis usent de systèmes internationaux comme Fon pour partager leurs connexions sans-fil. "Techniquement, beaucoup de gens enfreignent la loi, précise Daithi Mac Sithigh. Et pour beaucoup, le fait d'utiliser un réseau ouvert n'est pas un délit criminel".
éliminer les "zones blanches"
Par ailleurs, le partage de connexion Internet est bénéfique pour les habitants des régions rurales ou isolées, souvent privés du Web. Cela s'inscrit notamment dans un des objectifs du gouvernement britannique : assurer que chaque maison ait accès au haut débit d'ici 2012. Cependant, il n'est pas facile d'encourager les utilisateurs à s'y mettre, si la loi n'est suffisamment précise sur ce qui est légal ou non, poursuit Daithi Mac Sithigh. "Le piratage informatique et l'escroquerie bancaire doivent bien sût être considérés comme des crimes, dit-il. Mais si l'on veut encourager la popularisation du WiFi dans le pays, il faut changer la loi".

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