Le vélo gère les efforts du cycliste

Par 16 avril 2008
Mots-clés : Smart city

Des capteurs intégrés à une pédale permettent à l'utilisateur de mesurer ses efforts. Un procédé rendu possible grâce à l'intégration des composants électroniques directement dans le métal qui compose le vélo.

Les vélos modernes sont déjà bien équipés : ils peuvent compter jusqu'à vingt-sept vitesses. Cependant, les utilisateurs ne savent pas toujours s'en servir. Ils changent de vitesse trop fréquemment, s'essoufflent, et gaspillent leur énergie. Des composants électroniques intégrés au deux roues pourraient bien aider les cyclistes à mieux répartir leur effort. C'est ce que comptent démontrer les chercheurs du Fraunhofer en exposant au Hannover Messe un vélo doté d'un pédalier intelligent. Le prototype présenté par le laboratoire aide le conducteur à diriger sa force de pression dans les pédales. Ce, grâce à la présence de deux capteurs intégrés dans la manivelle à laquelle est fixée l'une des pédales du vélo. Cette fonction embarquée est le résultat du projet InGuss, dont l'objectif est de construire des produits dans lesquels on insère directement des capteurs, déclencheurs et composants électroniques durant le processus de fonte des métaux.
L'énergie du cycliste est mesurée par les capteurs
Dans le cas du vélo, l'une des fonctions de ces capteurs est de mesurer la force qui propulse le cycliste en avant et de lui montrer ainsi comment pédaler régulièrement sans dépenser d'énergie inutilement. Pour l'instant, les données enregistrées par ces capteurs intégrés sont transmises en temps réel et à distance à un ordinateur. En pratique, ces informations seront envoyées sur un appareil nomade, PDA ou téléphone portable, afin que le cycliste en prenne connaissance pendant qu'il pédale et qu'il puisse modifier son rythme en conséquence. La grande spécificité de ce vélo reste que sa pédale contient tous ces éléments - capteur, déclencheur et autres composants électroniques - au cœur même du métal qui la compose. Ils y ont été intégrés durant la construction du produit, et non greffés après.
Intégration pendant le processus de fabrication
Une tâche difficile selon Christoph Pille, l'un des chercheurs du projet, car durant la construction les températures peuvent atteindre 700°C et peuvent détruire les composants électroniques et électromagnétiques sensibles. "Nous les protégeons avec un matériaux isolant spécial, et nous adaptons le processus de fabrication afin de prévenir tout dommage matériel", indique-t-il. Ce qui permet pour la première fois d'intégrer des composants comme une puce RFID durant la fonte du métal. Un procédé qui permet de ne pas perdre cette puce, de la tracer et de l'identifier : autant de mesures contre le piratage des produits. Heiko Atzrodt chercheur au LBF, autre laboratoire participant au projet, commente :"cette pédale de vélo n'est qu'un exemple des nombreuses applications potentielles de cette technologie". L'intégration de capteurs sensoriels va rapidement se développer selon lui. Par exemple, dans la construction d'avions, des capteurs pourraient transmettre des informations sur le vieillissement du métal avant qu'il ne soit trop tard.

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