La vérité (filmée) si je mens

Par 17 septembre 2009

Le faux témoignage vient de se découvrir un allié précieux : les fausses vidéos.

Les chercheurs de l’université de Warwick ont en effet découvert que le nombre de faux témoignages augmentait considérablement lorsque le vrai faux témoin se voyait présenté une vraie fausse vidéo accusant un vrai faux coupable d’un faux crime qu’il n’a en fait pas commis.

Leur expérience se présentait sous la forme d’un jeu d’argent individuel où les joueurs étaient placés les uns à côté des autres. Un complice à côté de chaque cobaye. A la fin du jeu les chercheurs faisaient part aux joueurs de leurs soupçon vis à vis d’un autre joueur (le complice). A un tiers d’entre eux, les chercheurs affirmaient qu’on voyait le joueur tricher sur une vidéo de surveillance. Un deuxième tiers a pu visionner la vidéo en question, fausse. Quant au tiers restant, il devait se contenter des soupçons des chercheurs sans rien pour les étayer.

A tous, on a ensuite demandé aux cobayes de signer une déclaration affirmant que le joueur avait triché, mais à la condition qu’ils l’aient vraiment observé eux-mêmes. La moitié ont accepté de signer lorsqu’ils avaient vu le montage vidéo. Ce chiffre retombe à 10% pour ceux à qui on a seulement parlé de l’existence d’une vidéo, et chute de moitié pour ceux à qui on a seulement fait part de la triche.

Je retiens quand même qu’il suffit d’évoquer l’existence d’une vidéo pour doubler son taux de crédibilité. Je m’en souviendrai la prochaine fois que je raconte mes vacances en Corse. La fois où j’ai sauvé un orphelinat entier des flammes. Si si, c’était filmé.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas