Vers des capacités de stockage mille fois supérieures

Par 24 avril 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Des universitaires écossais ont repoussé les limites de la mémoire informatique grâce à une technique nanométrique. Cette avancée préfigure le développement de nombreux composants aux performances inédites.

Un iPod amélioré capable de contenir 150 000 fois plus de données que la version commerciale du baladeur. Tel pourrait être le résultat des recherches en nanotechnologies entreprises par des scientifiques de l'université de Glasgow. Ces derniers ont développé un commutateur à l'échelle de l'atome permettant d'accroître de manière exponentielle les capacités de stockage, et ce, sans qu'aucune modification des dimensions d'un appareil ne soit nécessaire. Ainsi, les chercheurs annoncent être parvenus à insérer près de 500 000 Go de mémoire dans un espace d'environ 6 centimètres carrés. Pour rappel, la capacité maximale envisageable aujourd'hui est de 3 Go pour une surface équivalente.
Révolution du stockage en vue
A terme, le développement d'une telle technologie pourrait engendrer une génération de micropuces capables d'embarquer plus d'un milliard de transistors, commentent les chercheurs britanniques. "Nos travaux nous ont permis de trouver un moyen potentiel d'accroître les capacités de stockage de façon radicale", a déclaré le professeur Lee Cronin. D'un point de vue technique, cette nouvelle méthode a consisté en l'assemblage d'un nanocluster - groupe de molécules aux dimensions nanométriques - dont les infimes éléments qui le composent ont pu être précisément espacés de 0,32 nanomètres, formant ainsi ce nouveau type de composant dit "commutateur moléculaire". L'appareil peut être aisément manipulé via un champ électrique, précise Lee Cronin. A noter : si l'expérimentation de cette technique s'est avérée concluante, la fabrication de tels composés fait encore face à un certain nombre d'obstacles.
Déferlante nanotechnologique
Les nanotechnologies font aujourd'hui partie de notre quotidien. Le dernier décompte publié par l'initiative Project on Emerging Nanotechnologies (PEN) révèle en effet que près de six cents produits - informatique, électronique, automobile, santé, cométique - de grande consommation incorporent des technologies nanométriques. Une tendance cependant mal connue des consommateurs, selon Lux Research. En 2006, l'équivalent de près de 50 milliards de dollars de biens manufacturés contenant des nanotechnologies se serait échangé dans le monde entier, indique le cabinet d'analyse. Ce chiffre devrait s'élever à plus de deux billions de dollars d'ici 2014, soit près d'un septième de la production globale selon ses estimations.

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