Vers des investissements en ligne toujours plus personnalisés et automatisés ?

Par 01 septembre 2015 3 commentaires
Investir en ligne

Issus de l’ère numérique, les « conseillers robots » se développent aussi bien chez les pure-players que dans les fonds d’investissements.

Si le métier de conseiller en gestion de patrimoine a encore de beaux jours devant lui, ces dernières années ont vu naître sur la toile un nombre croissant d’initiatives venant en complément des acteurs traditionnels du secteur. Baptisées « robo advisors », littéralement « conseillers robots », elles proposent des solutions entièrement automatisées pour gérer un portefeuille d’actions en ligne, et ciblent notamment les particuliers. Il suffit aux clients d’indiquer leur tolérance au risque et leurs préférences en matière d’investissement. Des algorithmes assurent ensuite la gestion des placements et l’équilibrage du portefeuille. Repérée par le New-York Times, qui voit en elle une licorne potentielle, Betterment est l’une des start-ups les plus renommées du secteur. Basée à New-York, l’entreprise offre selon ses propres dires un service à mi-chemin entre technologie financière sophistiquée et sciences comportementales.

Betterment, une future licorne ?

« Nous avons réalisé que nous pouvions aider nos clients à obtenir un meilleur retour sur investissement en limitant certains comportements. » affirmait ainsi Jon Stein, CEO de l’entreprise, dans un entretien accordé à Forbes l’an passé. Betterment évite notamment de coller de trop près aux tendances du marché et s’assure que ses clients possèdent un portefeuille équilibré. Une recette qui semble fonctionner, puisque l’entreprise a levé soixante millions de dollars plus tôt cette année. Elle compte à l’heure actuelle 120 000 clients et gère plus de 2,5 milliards de dollars. Betterment a également lancé plusieurs services spécialisés, dont Tax impact preview (qui indique en temps réel l’impact qu’aura telle ou telle transaction en terme d’imposition), RetireGuide (un plan personnalisé pour préparer sa retraite) et Betterment Institutional, qui s’adresse aux professionnels plutôt qu’aux particuliers, et travaille actuellement avec plus de cent conseillers en investissement différents.

Concurrence et avenir du marché

Et le succès n’est pas près de s’arrêter : d’après une récente étude du cabinet de conseil A.T. Kearney, la part des actifs gérés par les conseillers robots devrait passer de 0,5% aujourd’hui à 5,6% en 2020. Sur ce marché, le concurrent le plus sérieux de Betterment est sans doute Wealthfront, à qui L’Atelier avait consacré un article en novembre dernier. Cette start-up californienne compte plus de 35 000 clients pour un portefeuille d’actifs total d’une valeur similaire à celui de Betterment. Les choses ont d’ailleurs chauffé entre les deux concurrents, au début de l’été, lorsqu’Adam Nash, le CEO de Wealthfront, a critiqué le modèle de Betterment. Parmi les conseillers robots proposant un modèle similaire, on compte Jemstep, Hedgeables, FutureAdvisor, Upside, SigFig ou encore Personal Capital. D’autres entreprises de niche tentent de s’insérer sur le marché, comme Bloom, spécialisée dans l’élaboration de plans d’épargne retraite. Désireux de ne pas se laisser distancer, les acteurs traditionnels du milieu organisent également leur riposte. Le fonds d’investissement Vanguard a ainsi mis en place son propre service de conseiller robot, tandis que Charles Swab & Co offre un service de portefeuille intelligent.

 

Haut de page

3 Commentaires

Betterment and Weathfront are both American and targetting american customers, but about Europe?
On the supply side, the article does not mention Nutmeg.
On the deman side what is available to Euopean customers willing to toy with Rob Advisers ?
There may be an opportunity for a European Unicorn.

Soumis par PAscal Joachimsmann (non vérifié) - le 02 septembre 2015 à 08h41

A noter que les Botraiders, société française indépendante, labellisée JEI, réalise également, depuis 2007, des prévisions boursières 100 % mathématiques, afin d'aider les particuliers dans leurs prises de décision d'investissement.

A mi-chemin entre le Big Data et la finance, nous proposons aussi nos services aux Sociétés de Gestion, afin de les accompagner dans la réalisation de fonds personnalisés et automatisés pour leurs clients.

La finance est en pleine mutation digitale et algorithmique, ce qui implique que l'homme et la machine vont devoir de plus en plus apprendre à travailler en bonne intelligence.
Nous croyons beaucoup plus à ces modèles "hybrides" qu'à des modèles 100 % automatisés, surtout dans le secteur du conseil en investissement.

Xavier
Fondateur associé
www.botraiders.com

Soumis par Botraiders (non vérifié) - le 02 septembre 2015 à 09h36

Pour prolonger le commentaire de Xavier (Botraiders), le modèle futur du monde bancaire (au sens large) sera un blended entre un store physique (orienté démo, découverte, avec des bornes automatiques locales et quelques conseillers capables d'accompagner le consommateur dans ses choix), un store numérique dans lequel le consommateur sera entièrement libre de ses choix dont celui d'opter pour un conseil d'expert (automatique dans un niveau basique et physique pour une recherche pointue).

De nombreux produits financiers actuels (SICAV, OPCVM, ...) pré-packagés vont disparaître au profit de contributions financières à but social, sociétal et/ou environnemental (via le crowdfunfing).

La disparition progressive du système capitaliste actuel au détriment de "communaux collaboratifs" aura un effet immédiat sur le comportement des consommateurs (devenus prosommateurs) !

Soumis par ericleger - le 02 septembre 2015 à 10h12

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas