Vers des ordinateurs stratèges de guerre

Par 17 avril 2008

La recherche américaine se concentre sur le développement de systèmes informatiques intégrés et intelligents capables de contribuer activement à la prise de décision militaire.

Des systèmes informatiques évolués et à même de raisonner "intelligemment" pourraient un jour appuyer le commandement stratégique de toute une armée. Tel est le postulat du groupe de recherche emmené par Pedro Domingos, professeur de science informatique associé à l'université de Washington. Celui-ci vient de remporter un financement de plus de 6 millions de dollars auprès du secrétariat d'Etat américain à la défense. Objectif : concevoir un cadre informatique intégrant la multitude de données complexes - capteurs portés par les soldats, cartes satellitaires, drone aériens, observations écrites, etc - que nécessite la mise en œuvre d'opérations militaires. Mais surtout, développer un système capable d'interpréter ces données "en toute intelligence".
Intelligence artificielle
L'un des défis majeurs de ce projet consiste ainsi à donner du sens à une quantité d'informations disparates. Le dispositif devra à terme être capable d'anticiper le comportement d'un adversaire, ainsi que d'évaluer l'ensemble des ressources militaires à disposition. Un projet qui exploitera notamment l'intelligence artificielle "à un très haut degré de complexité", estime le groupe de recherche. "Ce type de systèmes de monitoring comprend bien trop d'éléments informatifs distincts pour qu'une personne puisse les prendre tous en compte", a expliqué Pedro Domingos. Pour lui, les applications potentielles de cette approche globale sont très prometteuses, y compris dans de nombreux autres domaines que celui de l'armée.
Aider à la prise de décision
"Dans le milieu médical par exemple, un seul ordinateur pourrait combiner des technologies de rayons X, des photographies, des résultats de tests et des informations sur un patient pour tenter d'effectuer un diagnostic de façon autonome", explique-t-il. Des informations qui pourraient également provenir de capteurs capables de détecter les mouvements d'un patient ou ses battements de cœur, ce simultanément et à l'échelle de plusieurs semaines, s'empresse-t-il d'ajouter. Il rappelle toutefois que ces machines ne remplaceront pas les hommes mais contribueront à faciliter leurs prises de décision.

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