Vers un nouveau business modèle autour des contenus numériques

Par 02 septembre 2008

Les plates-formes de partage en ligne suscitent des conflits en termes de diffusion de contenu. L'Atelier s'est entretenu avec Michel Roux, directeur général d'Advestigo (*). Pour lui ce débat n'est pas stérile, puisqu'il permet l'élaboration de nouveaux schémas économiques.

L'Atelier : Quelles sont les principales menaces que connaissent les éditeurs et diffuseurs de contenus numériques ?
Michel Roux : Elles sont surtout externes à l'entreprise : il s'agit le plus souvent de détournement d'actifs immatériels (logo, images, marque) qui demandent une veille active et étroite. D'une manière générale, les problèmes de sécurité liés aux fuites de fichiers sont de plus en plus liés au contenu même de ces fichiers, que ce soit du son, de la vidéo, du texte... Et c'est pour ça que les solutions de sécurité doivent être capable de repérer aussi les documents en fonction de leur nature.
Des solutions - efficaces - sont envisageables pour protéger ces contenus ?
Il faut d'abord être capable de repérer les contenus. Chez Advestigo, nous proposons des solutions d'identification de contenu automatisées, qui fonctionnent en trois étapes : la fouille d'Internet, la création d'empreintes sur les contenus, et l'identification de ces empreintes par rapport à une base de référence. Autre point primordial : l'observation des contenus en circulation sur les réseaux : le web, le P2P, les blogs, les sites de partage. Ensuite, tout dépend de la stratégie choisie par le client. L'approche défensive a souvent été retenue : comme par exemple attaquer les sites de partage de contenu qui diffusaient sans y être autorisés des vidéos ou images protégées.
Quelle est la tendance aujourd'hui : protection ou échange ?
On opte de plus en plus pour des modèles de valorisation. Les médias ont compris qu'ils avaient tout intérêt à dialoguer plutôt qu'à punir. Ainsi, si un utilisateur de YouTube diffuse au sein de sa propre vidéo amateur un extrait de vidéo, l'entreprise détentrice des droits a intérêt à négocier une part des revenus publicitaires générés par le visionnage de cette vidéo avec la plate-forme. Il faut pour les éditeurs et diffuseurs traditionnels de contenu prendre conscience que les plates-formes de partage en ligne sont un nouveau canal économique. Il suffit juste de trouver les bonnes règles du jeu. On voit déjà des démarches constructives de partenariat entre les médias et ces plates-formes. Et les sites de contenus ont eux aussi un intérêt à diffuser des contenus intéressants, pas seulement du "user generated content" : car ils génèrent une vraie manne publicitaire.
L'adoption des technologies de reconnaissance est donc une vraie évolution du secteur.
Oui. Des entreprises comme SafeNet aux Etats-Unis sont déjà sur ce créneau. On sort au fur et à mesure de l'époque DRM, qui était un système restrictif et compliqué à mettre en œuvre. Avec souvent des vrais problèmes d'interopérabilité des terminaux. Par opposition on adopte de plus en plus des systèmes qui ne sont pas basés sur l'empêchement. Dans l'esprit, c'est "Free distribution, mesure consumption". L'idée étant de régler les problèmes en amont et de mesurer la consommation des contenus en se posant les questions suivantes : qui consomme tel contenu? Comment? Dans quelles proportions? Le tout pour en tirer un business modèle pertinent.
(*) Editeur français de solutions de protection et de monétisation de contenus numériques.

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