Vers une Europe de l'open source?

Par 02 février 2007

L'Union Européenne étudie le cas de l'open source Et si l'Union Européenne délaissait les systèmes propriétaires, apanages de Microsoft et d'Apple, pour peu à peu se tourner vers le monde des...

L'Union Européenne étudie le cas de l'open source
 
Et si l'Union Européenne délaissait  les systèmes propriétaires, apanages de Microsoft et d'Apple, pour peu à peu se tourner vers le monde des logiciels libres? La Commission européenne vient de rentrer de plain-pied dans l'open source en publiant à la mi-janvier son rapport sur "L'impact économique des logiciels open source sur l'innovation et la compétitivité du secteur des technologies de l'information et de la communication dans l'Union Européenne". Et il en ressort que le FLOSS (Free/Libre Open Source Software) aurait bien un impact positif sur la compétitivité de l'Europe.

Car le choix de l'open source est surtout synonyme d'économies sur le long terme. Néanmoins, cela ne va pas sans quelques efforts qui passent d'abord par un investissement conséquent à court terme pour faire migrer les administrations et les entreprises d'un système propriétaire vers des logiciels libres.

Et apparemment, l'Europe serait assise sur une véritable petite mine d'or qu'elle n'exploite pas encore suffisamment: 63% des développeurs de logiciels libres seraient installés dans l'UE... Et celle-ci dispense un budget de 22 milliards d'euros pour promouvoir le développement des logiciels libres, tandis que ce budget s'élève à 36 milliards pour les Etats-Unis.
 
Et pour montrer sa volonté de basculer vers l'open source, Bruxelles a même mis en place en octobre 2006 le système OSOR (Open Source Observatory & Repository) à destination des organismes publics. Cette plate-forme permet de stocker et de transmettre les codes de logiciels libres entre les différentes administrations européennes.
 
La mascotte Tux de Linux deviendra-t-elle demain
le symbole du logiciel libre ?
 
De son côté, la France souhaite elle aussi s'impliquer personnellement et à grande échelle dans l'open source. Le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, a même sollicité la création d'un "pôle de compétitivité du logiciel libre et de l'open source". Celui-ci permettra de regrouper et de faire collaborer les acteurs du logiciel libre français tels que l'Association des Sociétés de Services en Logiciels Libres (ASS2L) qui englobe environ cinquante entreprises de logiciels libres.
Prévu pour être lancé au cours de ce semestre, ce pôle aidera au développement de projets pour qu'ils puissent être labellisés afin de recevoir les financements et les moyens techniques adéquates.
 
France, Autriche, Allemagne: en route vers la migration!
 
Et peu à peu, la France prend les devants en faisant le choix de développer le monde de l'open source dans ses administrations. Par exemple, les ordinateurs de l'Assemblée Nationale seront tous équipés de logiciels libres à partir de juin prochain. Ils intègreront ainsi le système d'exploitation Linux, le navigateur Firefox et la suite bureautique Open Office. D'ailleurs les ministères de la Culture, de l'Equipement et de l'Agriculture ainsi que la gendarmerie nationale ont également fait le choix de basculer vers Open Office d'ici trois ans.
 
Mais les autres pays européens ne sont pas en reste. Ainsi Amsterdam songe elle aussi à migrer vers les logiciels libres pour faire des économies tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis de Microsoft. Pour le moment, deux services de l'administration de la mairie, disposant d'un budget 300 000 euros, testent cette année le passage à l'open source. Néanmoins, la mairie néerlandaise a précisé qu'elle ne comptait pas abandonner totalement les logiciels de la firme de Redmond mais qu'elle souhaitait tout de même y consacrer un budget moins important.
 
En Autriche, Vienne a fait le choix d'intégrer l'environnement libre sur ses18 000 postes de travail et 560 serveurs, toute comme la ville allemande de Munich qui a élaboré en 2003 son projet de basculement vers l'open source baptisé LiMux et qui a effectivement commencé son déploiement vers les logiciels libres en septembre dernier.
 
En revanche, la ville anglaise de Birmingham a décidé de ne pas adopter le modèle libre. Pourtant elle avait décidé de faire migrer  1 500 ordinateurs vers Linux. Mais après avoir converti près de 200 PC et dépensé plus de 750 000 euros en tests, Birmingham a décidé tout net de mettre fin au projet et de continuer son partenariat avec Microsoft...
 
A ce sujet, lire aussi:

La Commission européenne prend le parti de l'open source (16/01/2007)
Bercy souhaite créer un pôle de compétitivité pour l'open source (06/12/2006)

Anne Confolant, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 02/02/2007)

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