Vidéo : la qualité de diffusion s'adapte à l'utilisateur

Par 22 juillet 2008
Mots-clés : Smart city, Afrique

L'Afrique du sud travaille sur une plate-forme capable d'assurer une transmission de flux sans interruptions dans des lieux où les réseaux sont de piètre qualité.

"Les pays du Tiers Monde sont confrontés à des disparités importante en matière de connectivité", explique à L'Atelier Keith Ferguson, chercheur au Mereka Institute du CSIR* (Afrique du Sud). Le trafic est en effet souvent congestionné. Et il n'est pas étonnant de voir la bande passante passer de 10 à 100 kbits/s. Résultat : les internautes qui veulent regarder de la vidéo doivent faire face à de longs délais de chargement, et à des coupures dues aux fréquentes mises en mémoire cache. Pour résoudre cela, l'institut développe une plate-forme de diffusion en temps réel. Celle-ci permet un visionnage de qualité même dans les environnements où le réseau est de faible densité. La solution adapte de façon dynamique la qualité de la vidéo et le débit de transmission en fonction des conditions de visionnage de l'utilisateur final. "L'objectif premier est d'assurer un flux continu et d'éviter les interruptions", souligne le chercheur.
Des applications commerciales
L'autre est de promouvoir la diffusion de vidéos dites alternatives : contenus auto-générés, web TV... "Cela permet du coup d'apporter des services qui sont déjà monnaie courante dans les pays industrialisés. Et nous donne la possibilité d'offrir des modèles économiques pertinents et viables". Le système s'adresse également aux entreprises, pour de la vidéo-conférence notamment. Autre utilisation possible : l'e-learning. "On peut tout à fait imaginer un système d'apprentissage en ligne, dans lequel des contenus publicitaires seraient intercalés avec les leçons. Ce, afin de permettre aux personnes de profiter gratuitement de ces cours", ajoute le chercheur. Car l'une des volontés des chercheurs est de rendre accessibles gratuitement les différents flux vidéo qui seront diffusés. Notamment en ouvrant la plate-forme aux annonceurs, qui pourront mettre en ligne leurs publicités contre rémunération. Le système intègre en effet un modèle de diffusion qui permet le ciblage d'annonces.
Réduire la fracture numérique
"Les chaînes 'nature', qui proposent des documentaires sur différents pays, pourront ainsi être associées à des publicités proposées par des agences de voyage ou des transporteurs aériens", explique Keith Ferguson. A terme, le système devrait fonctionner également sur les écrans des téléphones portables. Il faudra cependant patienter avant de pouvoir en profiter : "la pénétrations sur le marché des pays émergents est encore limitée". Le projet est mené en collaboration avec l'université de Cape Town et le FAI East Coast Access (ECA), impliqué au titre de partenaire commercial. Il bénéficie d'une enveloppe de 14,5 millions de rands (1,3 millions d'euros) par le Fond de l'Innovation. Pour le moment, le logiciel est déjà développé. L'enjeu pour les responsables du projet est désormais de mettre au point un premier site pilote opérationnel dans les trois années à venir.
*Council for Scientific and Industrial Research

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