Vie privée, mort publique.

Par 27 octobre 2010
Squelette devant un ordinateur

La vie privée. On en parle, ces temps-ci. Beaucoup, même. On n’en a jamais tant parlé. A croire qu’auparavant, ça nous préoccupait peu. Seules les stars s’en souciaient, et nous, eh bien, on pouvait sortir en short et espadrilles, mal coiffés, dans le petit matin, pour lire la presse People et voir les personnalités publiques prises sur le fait, dans des états désastreux. Et parcourir ces pages avec délectation.

Ah… elle paraît loin cette époque !

Désormais, nous sommes tous des victimes potentielles, d’une certaine façon. Des photographies peu avantageuses de nous peuvent se retrouver sur Internet, et faire le tour du monde en un rien de temps si elles sont suffisamment ridicules. Le tour de nos cercles amicaux en tout cas.
L’avantage, d’une certaine façon, c’est que l’on sait à quoi s’en tenir. Lorsque l’on repère en soirée quelqu’un avec un appareil photo à la main, on peut décider de cesser immédiatement de boire, afin de rester convenable, et ainsi de sauvegarder notre vie sociale et notre réputation virtuelle, dans les jours à venir.

Si l’on décide, dans le cas contraire, de continuer à siroter notre cocktail, en faisant fi du risque encouru (boire ou avoir un compte sur Facebook, il faut choisir), alors c’est qu’on se sent d’attaque, le lendemain matin, et dans la semaine qui suit, à effectuer une veille permanente sur le réseau social. C’est que l’on se sent prêt à rester aux aguets, et à réagir en une fraction de seconde lorsque le tag redouté apparaît, pour se détaguer aussitôt, évitant ainsi les problèmes susdits.

Mais qu’advient-il, si au cours de la soirée, par abus de boisson par exemple, un accident malheureux se produit ? On rit bêtement, on se penche en arrière, on bascule de sa chaise, on heurte un coin de la table basse en marbre, et on perd connaissance… définitivement. Qu’advient-il si l’on se retrouve ivre mort - mais vraiment mort, cette fois - alors que s’achève la soirée ?

Plus personne pour vous détaguer le lendemain, lorsque vos amis sans cœur s’empressent de mettre des photos de vous en ligne, photos vous présentant dans un état lamentable, quelques secondes avant le contretemps fâcheux de la fin de soirée.

Une société a pensé à tout. Sur le site edeneo.fr, vous pouvez en effet confier à un tiers les codes secrets de vos comptes personnels sur les médias sociaux. La société reçoit les codes confidentiels, les enferme dans un “coffre hyper sécurisé virtuel”, et vous rassure. Les codes seront transférés aux personnes de votre choix le jour où vous viendrez à disparaître.

Très pratique, n’est-ce pas ?

Ils sont sympathiques, chez Edeneo. Ils acceptent aussi de recevoir vos codes confidentiels de sites comme eBay ou PayPal. Et s’arrangent pour bien gérer vos obsèques.

Bon. C’est un peu angoissant, peut-être, de confier à une société ses codes personnels.

Mais pensez un peu à la situation que j’ai pris le temps de vous décrire ci-dessus. Et reconnaissez que l’enjeu en vaut la chandelle. Il en va de votre e-réputation posthume.

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